Souvenirs familiaux

06 décembre 2020

1990 New-York

En cet été 89 , on a décidé de visiter le Maroc avec nos enfants .

Et cette fois ci , on est parti à l'ancienne comme au temps de nos voyages en Grèce, , c'est à dire avec notre voiture mais sans plan et en s'arrêtant au hasard de nos envie et cherchant un restaurant ou un hôtel au jour le jour sur le bord de la route .

Pour les visites de sites et de monuments on avait quelques idées à priori mais on s'appuyait surtout comme d'habitude sur le guide du routard que l'on révisait chaque soir .

Pour commencer on devait bien sûr traverser rapidement l'Espagne .

je me souviens de notre première halte près d'Almeria , exactement dans le désert de Tabernas pour visiter les villages de Western où avaient été tournés les films de Sergio Leone .

Il n'y avait pas encore en Europe des parcs de Loisirs et ces villages n'étaient constitués que de décors de films qui étaient laissés à l'abandon après le tournage

Nous avions déjà visité ces villages quinze ans auparavant avec la caravane de Papi et j'avais remarqué qu'ils étaient en plus mauvais état mais les enfants les ont trouvé splendides .

A l'exception de rares touristes il y avait seulement quelques gardiens pour éviter les pillages .

On allait et venait tout le long de ces avenues , pénétrant dans un saloon ou dans le bureau du shérif et photographiant les enfants dans un corral , sous un tipi d'indien ou sur une potence .

Ils étaient parfois surpris de voir que les bâtiments très réalistes coté rue n'étaient en fait que des panneaux de bois recouvert de plâtre et qu'il n'y avait rien derrière les façades mais ils étaient ravis .

 

Le lendemain , après avoir pris le ferry à Gibraltar , on est enfin arrivé au Maroc et là le dépaysement fut total , à l'exception de la langue qui restait le français ce qui a permis aux enfants de pouvoir suivre toutes nos conversations avec les autochtones tout au long du voyage .

Dès le début je fus surpris par la différence de comportements des marocains .

Ils étaient aussi sympathiques que les grecs , les yougoslaves , les turcs , les russes et même les ouzbèques avec lesquels nous avions conversé au cours de nos divers voyages mais ils avaient une manière de s'imposer pour nous vendre un bibelot ou un service qui s'apparentait souvent à de l'agression . C'était parfois limite .

Les marocains surtout dans les bleds étaient à l'époque moins riches que les touristes .

Ils manquaient de beaucoup de ressources de première nécessité et on avait lu dans le guide du routard que pour obtenir un renseignement par exemple pour vérifier notre itinéraire il était de bon ton de donner quelque chose en échange .

Dans ce but , Marie-Claire avait préparé une pochette qu'elle avait rempli de stylos et de divers objets . Elle avait confié cette pochette à nos enfants .

Et un des premiers jours alors que nous cherchions notre itinéraire dans la montagne , je crois que c'était dans le Rif , on a remarqué un petit berger au bord de la route .

Marie-Claire a demandé aux enfants qui étaient à l'arrière de la voiture de baisser la vitre et de proposer un stylo au petit garçon . Celui-ci s'approcha mais au moment où il s'apprêtait à faire son choix , une horde d'enfants jaillirent d'on ne sait où . Ils passèrent leurs mains à l'intérieur de la voiture et en quelques secondes récupérèrent la totalité des objets que l'on avait prévu de distribuer tout au long de notre voyage . Stéphanie fut un peu affolée mais finalement tout le monde finit par trouver cette aventure assez drôle .

Toujours par le routard on avait appris que , si on prenait une personne en auto-stop elle nous pourrait nous inviter chez elle .

C'est ce qui nous est arrivé un jour . Une dame que nous avions pris en stop nous a invité à prendre le thé à la menthe sous une tente dans la montagne .

Elle n'avait pas de meuble mais seulement de très beaux tapis . Elle ne parlait pas le français mais toutes les personnes qui habitaient sous cette tente avec elles étaient très souriantes et mal grès leur pauvreté évidente , elles vivaient dans un environnement très propre et très sain .

On a fait en suite escale à Fez qui est connu pour être une des villes les plus typiques du Maroc .

Mais on n'a pas pu la visiter parce que tous les commerces de la médina étaient fermés suite à une fête musulmane .

Je me souviens seulement qu'il y avait dans cette ville un très grand nombre de boutiques de tanneurs avec des bassins de traitement des peaux de chèvres qui envoyaient dans l'atmosphère une épouvantable odeur d'urine .

On a traversé en suite rapidement Rabat et Casablanca car nous voulions surtout visiter le sud du Maroc .

Mon rêve depuis mon adolescence était de pouvoir passer une nuit à la belle étoile dans le désert .

J'avais lu , toujours sur le guide du routard , que l'un des plus beaux sites du Sahara au Maroc se trouvait près de Merzouga .

Ce site avait servi de décors pour de nombreux films comme Ali Baba et les quarante voleurs ou Laurence d'Arabie .

Partant vers le sud on a repris notre route en passant par de très beaux oasis près des gorges du Dadès et de Dodgha et on est arrivé dans un très bel hôtel avec piscine .

Ce soir là on avait rencontré une couple de français avec deux enfants qui avaient programmé un voyage assez semblable au notre .

En les quittant le lendemain nous nous étions arrêtés au bord de la route pour prendre un auto-stoppeur . J'avais remarqué dans le rétroviseur que nos nouveaux amis avaient eux aussi pris un autre auto stoppeur au même endroit .

Notre auto stoppeur était un jeune homme au teint très noir . Il était vêtu d'une gandoura et d'une coiffure bleu traditionnelle des habitants du désert .

Il nous expliqua qu'il était comptable et qu'il se rendait à son travail dans une ville proche dont j'ai oublié le nom .

Au cours du voyage , je lui ai raconté que nous avions envie de passer une nuit dans le désert à Merzouga .

Il nous a alors proposé de nous y accompagner et de nous faire visiter le site si nous l'emmenions le lendemain chez son patron . Nous avons accepté sa proposition .

Tout d'abord , sur sa demande nous avons fait un détour par son domicile , où son épouse nous a offert le thé puis nous sommes partis direction Merzouga .

Nous y sommes arrivé vers le milieu de l'après midi .

Effectivement c'est un site extraordinaire avec des énormes dunes de sable orangées qui s'étalaient jusqu'à l'horizon .

Notre guide nous a proposé de faire une ballade à pied dans les dunes jusqu'à la tombée de la nuit , puis , pour le remercier , nous l'avons invité dans un petit restaurant installé au milieu du désert .

On a en suite planté nos deux petites tentes directement sur le sable et on a gonflé nos matelas pneumatiques comme lors de nos premiers voyages .

Il y avait quelques touristes qui eux aussi passaient la nuit à coté de nous dans ce camping improvisé .

Notre guide s'est couché directement sur le sable , sans matelas ni couverture mais en vrai bédouin , il nous a expliqué qu'il dormait toujours ainsi dans le désert ,

Après une nuit merveilleuse , on a repris la route pour emmener notre nouvel ami , à son travail .

Et là deux surprises .

Tout d'abord , on a retrouvé notre couple d'amis qui eux aussi avaient pris un auto stoppeur , juste derrière nous et , ils nous ont raconté qu' ils l'emmenaient à son travail , au même endroit que nous .

Et on apprit par la suite que ces deux auto stoppeurs étaient en fait des rabatteurs qui travaillaient pour le compte d'une fabrique de tapis orientaux .

On nous a proposé un grand nombre de tapis très beaux mais très chers . Je crois que l'autre couple en a acheté un mais nous , nous n'avions pas assez d'argent .

Cependant , pour remercier notre nouvel ami qui nous avait un peu roulé , Marie-Claire a acheté une petite théière dont la valeur n'avait rien à voir avec le prix des tapis.

Mais , cela n'a pas du tout calmé notre guide qui s'est énervé et , à la manière des marocains , nous a fait énormément de reproches en nous explicant que l'on lui avait perdre son temps et sa commission de vente .

 

Tous les marocains n'étaient pas aussi agressifs , en particulier ceux qui n'avaient rien à nous vendre mais ils étaient rares .

Je me souviens d'une discussion que j'avais eu un jour avec un petit berger au sujet de Stéphanie .

Il l'avait trouvé ravissante bien qu'elle soit à l'époque très jeune . Mais je ne sais pas si c'était culturel ou bien pour lui faire plaisir ainsi qu'à notre famille mais ce jeune berger nous avait accosté avec le sourire . Il appelé Stéphanie , la jolie Gazelle et me demanda si je voulais la lui donner en mariage . Stéphanie était un peu inquiète . Moi , pour rire j'ai commencé à marchander .

Il me proposa de l'échanger contre deux chèvres . Je lui répondis que je voulais trois chameaux .

Stéphanie affolée à l'idée que son père allait la vendre se réfugia dans les bras de sa mère qui , pour la rassurer , lui affirma que c'était une plaisanterie douteuse de son père mais elle m'a considéré bizarrement pendant quelques temps .

Quelques jours plus tard nous arrivèrent à Marrakech , ville superbe qui nous a rappelé Istanbul ou Samarcande .

En particulier la place Jemaa el Fna avec ses porteurs d'eau , ses charmeurs de serpents , ses conteurs , ses acrobates et ses marchands qui vendaient des produits improbables .

Je me souviens particulièrement de l'un d'entre eux qui vendait des appareils dentaires d'occasion . Un client puisait dans un grand bocal , en retirait un dentier , se le mettait en bouche pour voir s'il lui convenait et partait avec , satisfait .

J'ai un autre souvenir sur cette place ,

En sortant du parking , j'avais été accosté par une personne qui n'arrêtais pas de me harceler pour me proposer quelque chose. Je pense qu'il voulait nous servir de guide pour visiter la ville .

Pour qu'il s'éloigne je lui ai dit que j'étais d'accord mais qu'il revienne dans une heure et nous sommes partis visiter seul la ville . Quelques minutes plus tard , il s'est présenté devant moi mais je ne l'ai pas reconnu et je l'ai remballé . Alors il s'est mis à m'agresser en me disant que je n'étais pas de parole . Je ne comprenais pas pourquoi il ameutait tout le monde .

C'est Marie-Claire qui m'expliqua mon erreur .

On a finalement quitté la place sous les injures .

 

Quelques jours plus tard , après avoir traversé Ouarzazate , on est arrivé par des pistes de sable jusqu'à Zagora , dans le grand sud .

Cette ville , assez quelconque est surtout célèbre parce qu'elle est l'un des lieux de départ des caravanes qui traversent le Sahara .

Il y a d'ailleurs au bout de la ville un panneau , assez humoristique , planté face à l'immensité du désert sur lequel on peut lire , Tombouctou 52 jours . Tout un programme .

J'ai toujours eu envie de traverser le désert à dos de chameaux .

Cette envie m'est probablement venue de mon enfance lorsque je lisais , assis derrière le comptoir du tabac , les aventures de Tintin au pays de l'or noir et pet-être plus tard lorsque je regardais Laurence d'Arabie au cinéma de Blagnac .

Cette après midi là , en arrivant à Zagora , alors que toute la famille se préparait à passer une nuit paisible dans un bel hôtel après un voyage en voiture assez épuisant , j'ai rencontré dans la rue un bédouin qui m'a proposé de nous emmener tout de suite en promenade dans le désert .

J'ai réussi à convaincre Marie-Claire et nous voilà partis tous les quatre pour une grande aventure . Notre guide , sur un premier chameau , marie-Claire et moi sur deux autres et Rémi et Stéphanie  tous les deux sur un troisième . Il y avait aussi le fils du guide qui nous accompagnait en nous suivant à pied . Au départ , on a tous été surpris . Tous ceux qui sont déjà monté à dos de chameau s'en souviennent . Le chameau est allongé sur le sol , jambes repliées , ce qui facilite notre installation puis sur ordre du guide , il soulève ses pattes arrière puis ses pattes avant . On est soulevé de haut en bas puis de bas en haut . C'est assez impressionnant mais une fois installé , on est rassuré et on s'habitue rapidement au mouvement chaloupé de leurs pas .

Notre petite caravane a quitté lentement la ville et nous sommes entrés dans le désert .

Je ne sais pas comment notre guide se repérait car il n'y avait selon moi aucune végétation à l'horizon . Comme il ne parlait pas français , je demandais des explications à son fils .

Il m'expliqua que l'on devait atteindre un arbre au milieu du désert et que c'était l'endroit où l'on s'arrêterait pour manger et pour passer la nuit à la belle étoile .

Effectivement , au bout de quelques heures on distingua un petit palmier à l'horizon , tout seul au milieu du désert . On se rapprocha et on finit par arrivé près de lui .

Le guide fit se coucher nos chameaux et nous voilà tous à l'ombre du palmier .

Puis , il fit un petit tour dans le sable et revins avec quelques brindilles pour faire un feu de bois .

Il sortit en suite d'une poche située sous la selle de son chameau , une marmite , de l'eau , des légumes et du mouton et nous prépara un couscous que l'on trouva excellent .

Après le repas , comme la nuit était tombé , il sortit une grande couverture et six draps , une fois encore de sous la selle de son chameau et nous nous sommes tous couchés autour du palmier .

La nuit était calme et étoilée , nous nous sommes endormis rapidement car le jeune guide nous avait dit qu'il fallait se lever de bonne heure le lendemain car le soleil était très chaud et si nous ne voulions pas avoir de problèmes , il faudrait arriver à l'hôtel dans la matinée .

Tout était parfait sauf qu'au milieu de la nuit , un vent violent s'est levé soudainement , j'imagine que ce devait être le sirocco .

Nous avons été obligé de passer le reste de la nuit la tête enroulée dans les draps pour ne pas être étouffé par le sable du désert .

Mais le plus affolant fut de constater le lendemain que nos chameaux avaient disparus .

La veille , notre guide les avait laisser vagabonder librement autour du palmier pour qu'ils recherchent quelques maigres herbes pendant la nuit mais, pour qu'ils ne partent pas trop loin , il avait noué une corde entre leurs deux pattes avants . Ainsi entravé , les dromadaires pouvaient se déplacer à leur guise mais ils ne s'éloigneraient pas trop du palmier et il était très facile de les retrouver le lendemain en suivant leurs traces dans le sable .

Le jeune guide nous avait expliqué que son père irait les rechercher rapidement en suivant leurs traces dans le sable .

Malheureusement , le vent avait effacé toute leurs traces pendant la nuit . Impossible de les repérer .

Alors notre guide est parti à pied à leur recherche , nous laissant seuls sous ce petit palmier au milieu du désert avec les enfants et le jeune guide .

Au bout de quelques temps , on ne vit plus sa silhouette à l'horizon et on commença à s'inquiéter car le soleil montait et avec lui la température .

On interrogeait le jeune guide qui comme tous les habitants du désert avait , parait-il une meilleure vue que nous . Et de temps en temps , il nous affirmait voir son père à l'horizon , tout d'abord à l'est , puis au nord , puis à l'ouest , puis au sud . Nous on ne distinguait rien .

Les heures tournaient et nous devenions de plus en plus inquiets , imaginant que nous allions mourir dans le désert avec nos enfants .

Heureusement , vers onze heure du matin , le guide nous indiqua un petit point noir à l'horizon et au bout de quelques minutes on distingua notre guide qui avançait lentement suivis par ses quatre dromadaires .

On repris les chameaux et on arriva à l'hôtel complètement déshydraté mais sain et sauf .

Je nous revois , tous les quatre , affalés mais heureux , dégustant un jus d'orange dans un salon du restaurant .

Mais ce fut une belle aventure que l'on a vécu pour une fois ensemble avec les enfants .

 

Pour terminer avec ce voyage au Maroc et en Espagne , il nous est arrivé quelques incidents les derniers jours .

Le premier , alors que nous passions la douane marocaine .

Pendant que je m'occupais des formalités , Marie-Claire et Rémi étaient partis aux toilettes et on avait demandé à Stéphanie de surveiller la voiture mais elle s'était éloignée quelques minutes ce qui a suffit pour que l'on nous vole quelques objets , en particulier les deux walkmans des enfants .

On nous avait dit de faire attention aux voleurs au Maroc mais on n'était pas trop inquiets et il a fallu cette petite faute d'inattention le dernier jour pour que cela devienne une réalité .

Un peu vexé de ne pas avoir été assez prudent et pour notre première et dernière nuit en Espagne , j'ai décidé de faire très attention et j'ai volontairement garé ma voiture devant la porte de notre hôtel dans le centre de Séville .

Mais le lendemain , elle avait été visitée et on nous avait volé les carnets de santé des enfants et un sac de linges sales avec quelques beaux vêtements .

Je suis allé porter plainte au commissariat de police de Séville mais il y avait tellement de monde qui faisait la queue devant le guichet des déclarations de vol que je suis parti sans faire de déclaration .

 

1990 New-york

 

Toujours grâce à nos albums photos et à nos vidéos familiales , quelques souvenirs de cette année 90 ont refait surface .

Une semaine en mars à Biscarrosse , chez Kiki et Hubert dans leur jolie villa sous les pins avec , avec comme chaque fois les ballades sur la plage le long de l'océan et près du lac à Sanguinet .

On avait emmené les enfants et Cannelle . Ils avaient eux aussi un petit caniche roux , Ripoux . C'était un chien très sympathique mais turbulent contrairement à Cannelle . Il n'arrêtait pas de dévorer tout ce qu'il trouvait . C'est d'ailleurs ce qui à causé sa perte car Kiki nous a raconté qu'il est mort quelques années plus tard après avoir bu tout un bidon d'antigel .

Un autre week-end en juin où l'on était retourné après bien des années à Narbonne Plage avec les enfants et nos amis et voisins de Château Cru , les Pozobon , Robert , Suzanne et leur fille Laura que Stéphanie considérait un peu comme sa petite poupée . Stéphanie qui nous jouait ce jour là à la pin-up sur la plage . J'ai des preuves .

On avait passé les vacances d'été à Pégomas chez Pépé et Mémé , avec comme d'habitude la famille au grand complet pour le plus grand plaisir de Mémé qui adorait ces grands rassemblements familiaux . Il y avait en plus cette année là , Serge , Eliane et Laurence qui venaient d'acheter un appartement en propriété partagée près de Nice à Marina baie des Anges . Cela se faisait assez couramment à l'époque . Ils avaient acheté de la même façon un autre appartement à Chamrousse ,

au pied des pistes de ski .

De ces vacances à Pégomas , j'ai aussi le souvenir de mon père nageant et plongeant dans la piscine . Il était handicapé du bras gauche , suite à son accident de voiture d'avant la guerre .

Ce handicap l'obligeait à nager avec une seule main d'une manière assez bizarre .

Il avait aussi l'habitude , dès qu'il commençait à nager , que ce soit dans la piscine ou dans un lac , d'enfoncer sa tête à moitié dans l'eau et de la tourner en sifflant de manière à produire un son qui ressemblait au cri d'un phoque , ce qui avait le don d'amuser les enfants .

Ce son est devenu un signe de reconnaissance de la famille car il s'est transmis depuis de père en fils et en fille .

Mais ce qui nous amusait le plus s'était sa manière de plonger ,car il pénétrait toujours dans l'eau en faisant un plat .

On a aussi gardé un autre bon souvenir de cet été à Pégomas , une vidéo très créative des enfants .

Rémi était à l'époque fan d'une émission humoristique de Canal plus animée par les Nuls , Chantal Lauby , Alain Chabat et les deux autres .

Et il avait décidé d'utiliser notre caméra vidéo pour réaliser leur propre émission .

Stéphanie imitait Chantal Lauby et annonçait les différentes scènes . Sandrine présentait la météo et

faisait un défilé de mode avec Emilie . Mais le clou de l'émission était un interview de Pépé par Rémi qui nous amuse encore aujourd'hui .

J'ai retrouvé , toujours grâce aux albums photos , un autre souvenir de cette année , une ballade au mont Caroux avec nos amis Nicole et Michel Soulcié . Rémi était en classe avec un de leur fils , Julien et ils nous avaient invité à passer un week-end dans le village où ils avaient passé toute leur enfance , Colombière dans l'Hérault .

On s'était retrouvé , nous quatre plus une vingtaine de membres de la tribu Soulcié à arpenter le sentier qui mène au mont Caroux et nous nous étions baignés au passage dans les marmites au fond des gorges de Colombière .

On était arrivé à la nuit tombante au sommet du Caroux , juste à l'heure pour assister au passage des mouflons qui venaient récemment d'être réintroduit dans le massif .

C'était très impressionnant .

Les adultes avaient passé la nuit dans un refuge et les enfants avaient dormi sous une petite tente .

Ils nous ont raconté au matin qu'ils n'avaient pas pu dormir de la nuit car il y avait énormément de sangliers autour d'eux .

 

Cependant , le souvenir le plus marquant de cette année 1990 restera pour nous celui de notre premier voyage à New-York .

Virginie , la fille de nos voisins , Nicole et Patrick Boyard qui étaient devenus nos amis depuis notre installation à Château cru , était la compagne d'un directeur d'Air France qui avait au sein de sa société une mission particulière . Il rédigeait des guides touristiques .

Comme cette année là il travaillait sur New-York cela donna l'idée à Nicole de faire un voyage avec lui aux États-Unis et ils nous proposèrent de les accompagner .

Et nous voilà , débarquant , tous les six , fin avril à Newark , un des aéroport de New-York .

De là tout alla très vite . Un de ces fameux taxi jaune nous emmena au centre de Manhattan , exactement à Midtown . Il nous arrêta devant un immeuble , on prit un ascenseur qui n'en finissait pas de monter , puis on arriva dans l'appartement des amis des Boyard . Je me souviens que le propriétaire après nous avoir salué , nous proposa de faire un tour sur leur balcon et là ….

Inimaginable , quel choc . On devait se trouver aux environ du deux centième étage .

Je me souviendrais toujours de ce premier contact avec New-York . La rue tout en bas avec ses voitures minuscules , ses bruits , ses couleurs et ce n'était que le début d'un séjour fabuleux .

Pour moi , avec Istanbul , New-York est de loin la plus belle ville que j'ai jamais visité .

Je me souviens des ballades dans les rues de Manhattan , marchant toujours en levant les yeux vers le ciel émerveillé par le perpétuel mouvement des nuages qui se reflétaient dans les vitres de ces immenses buildings pendant la journée et qui à la nuit tombante étaient remplacé par les panneaux publicitaires géants aux lueurs extraordinaires toujours changeantes .

Dans mon souvenir , cette visite de New-York reste essentiellement physique et relativement sportive . Que de ballades . On a parcouru à pied presque tous les quartiers de Manhattan . On n'utilisait que rarement le métro ou les taxis .

Comme tous les touristes qui visitent New-York , on a l'impression d'être déjà passé dans tous ces quartiers car on les a vue cent fois au cinéma ou à la télé mais le fait de s'y trouver réellement nous procure une très forte impression . On devient rapidement les héros de nos films .

Nous étions logés dans un petit hôtel qui jouxtait Central Park , juste à côté de la villa effrayante qui avait servi de décors au film Rose Mary Baby de Roman Polanski .

Nous avons commencé notre visite en montant au sommet des incontournables buildings pour se donner quelques frayeurs . A ce sujet celui qui m'a le plus impressionné n'était pas l'Empire State , ni le superbe Chrysler building mais le World Trade Center qui a été détruit lors des attentats de septembre 2001 . Je me souviens qu'arrivé au dernier étage j'avais eu beaucoup de mal à me rapprocher de la paroi vitrée pour voir le sol ce qui avait beaucoup amusé Marie-Claire .

Je me souviens aussi qu'en ce mois d'avril , la température de New-York était très changeante , passant d'un jour à l'autre d'un froid hivernal à une douceur printanière .

On ressentait particulièrement ce froid lorsqu'on passait sur le pont de Brooklyn , que l'on parcourait la Sky line qui longe l'Hudson ou lorsque l'on était sur le ferry qui emmène vers la statue de la liberté . Par contre on étouffait lors de nos ballades sur la 5ième avenue , Time square ou Park avenue .

J'ai quelques souvenirs plus personnels de ce premier séjour à New-York .

Tout d'abord les patineurs du Lincoln center .

La mairie de New-York avait installé une patinoire à ciel ouvert sur une place entourée de buildings près du Lincoln center et , avec Marie-Claire on s'était bien amusé à regarder ces grosses américaines en tutus roses qui virevoltaient au son de musiques sud américaines et aussi ses couples de petits vieux qui dansaient ensemble , tels Fred Astaire et Ginger Rogers .

Ce qu'il a y a de sympathique chez les américains c'est qu'ils sont toujours très gamins et n'ont aucun complexes .

A propos des gros , on nous l'avait dit mais on a tout de même était très surpris du très grand nombre d'obèses que l'on peut voir dans la rue aux US , en particulier à Harlem .

 

A propos d'Harlem , Nous sommes allés assister à une des traditionnelles messes méthodistes .

Cette année là , Harlem avait la réputation d'être un quartier assez dangereux pour des touristes et nos amis nous avaient conseillé de nous y rendre en taxis .

Ce qui nous a le plus surpris dès le début , c'étaient le grand nombre de grosses noires habillaient avec des robes et des chapeaux qui les faisaient ressembler à la reine d'Angleterre .

Je me souviens qu'au début , le pasteur a demandé à chaque nationalité de se lever .

Lorsqu'il a appelé les Français , on s'est levé tous les six et le public s'est retourné vers nous et nous a applaudi . Puis les chants ont commencé . Le pasteur était entouré d'une centaine de chanteurs . On a eu droit à tout le répertoire de Négros spirituals .

On n’arrêtait pas de chanter , de taper dans nos mains et de danser , tout en faisant le tour du temple et chaque fois que l'on passait devant une petite table sur la quelle il y avait une soucoupe , on devait y glisser un dollar .

Le pasteur s'était en suite lancé dans un sermon interminable qui m'avait paru assez agressif , je n'ai pas tout compris mais j'avais eu le sentiment qu'il parlait de racisme , d’apartheid et d'Afrique du Sud .

Au retour de la messe , il n'y avait plus de taxi , on a été obligé de prendre le métro avec une certaine appréhension mais tout ce passa bien .

On nous avait informé que lorsqu'on prenait le métro , il fallait rester à l'intérieur d'un certain périmètre , à faire attention à Harlem de ne pas dépasser certaines heures mais surtout éviter le Bronx . On était un peu inquiet à ce sujet car on avait lu quelques temps auparavant le bûcher des vanités qui racontait les malheurs d'un golden boy new-yorkais qui s'était retrouvé par inattention lui aussi dans le Bronx . Il faut dire qu'à cette époque , certains quartiers de Manhattan avaient mauvaise réputation , notamment Bowery à cause des drogués . Le problème , quand on se promène dans Manhattan , c'est que l'on passe d'un quartier à l'autre , sans s'en rendre compte . Il suffit de traverser une avenue . C'est lorsque l'on est de l'autre coté que l'on constate le changement .

Par exemple , lorsque l'on passe de Little Italy à China Town .

A ce sujet , je me souviens qu'un soir , on s'est retrouvé marchant dans Bowery vers sept heures du soir et tout à coup , on a constaté que ,face à nous des deux côté de la rue arrivait vers nous une quinzaine de gars à l'air mal intentionné . On a accéléré notre pas et l'on a traversé l'avenue qui heureusement correspondait au début du quartier italien et là , je suppose que ce quartier est surveillé par la mafia , toujours est-il que les loubards qui nous suivaient ne traversèrent pas l'avenue ce qui nous rassura .

Autre souvenir , nous sommes allé visiter le Moma , l'un des plus beaux musées d'art moderne .

On a été sous le charme des très nombreux tableaux des Impressionnistes , des Picasso et autres peintres modernes mais ce qui nous vraiment amusé , c'est la dernières salle .

Au fur et à mesure que l'on passait de salle en salle , les peintres étaient de plus en plus contemporains et de plus en plus provocateurs . Ce qui fait que l'on termina par une salle où tous les tableaux étaient unicolores . Il y avait un carré orange , puis un rectangle rouge , puis bleu et le dernier était tout blanc avec sur le côté , une tache noire qui avait dégouliné . On a été saisi par un fou rire énorme surtout qu' il y avait avec nous dans cette salle , deux touristes assez snobs qui n'arrêtaient pas de s'extasier devant tant de beauté .

Nous n'avons pas été voir d'opéra au Métropolitan , car nos amis n'étaient pas fan . Dommage car on aurait pu peut-être voir Pavarotti à cette époque . mais on a tout de même été à Broadway pour voir une comédie musicale . Je me souviens que c'était Les Misérables .

Il faut dire que les New-yorkais sont les maîtres de ce genre de spectacle . Malheureusement , il en passe très peu à Paris et encore moins à Toulouse . Avec Marie-Claire on a connu les comédies musicales essentiellement au cinéma avec West side story . C'est pour cette raison que l'on n'a pas voulu manquer ce spectacle .

Pour en terminer avec notre séjour à New-York , je me souviens que nos amis , nous avait réservé une surprise .

Ils nous ont emmené un soir dans un bar où il se passait quelque chose d'assez exceptionnel .

Ce bar était fréquenté par des artistes qui probablement jouaient dans les comédies musicales de Broadway . Mais là , il n'était pas question d'assister à un spectacle . Cela démarrait ainsi .

Un comédien se mettait tout à coup à chanter avec une forte voix, seul au milieu des clients .

Tout le monde était surpris mais au bout de quelques instants , un autre chanteur se mettait à l'accompagner à un autre bout de la salle , puis trois , puis dix .

Les choristes se répondaient d'un bout à l'autre de la salle, un groupe en entrant dans le bar , un autre leur répondant du balcon ,un autre à coté de nous . On avait l'impression d'être nous même au milieu de la scène . Je n'ai jamais su , si nous assistions à un spectacle préparé ou si s'était de la pure improvisation mais c'était fantastique .

On est revenu plusieurs fois à New-York mais on n'a jamais pu retrouver ce type de spectacle .

Par contre , J'ai vu quelques fois des vidéos sur You tube qui présentaient des scènes semblables soit disant improvisé dans un couloir de métro ou dans une gare .

 

JN

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01 décembre 2020

1989 Le Maroc

 

 

En cet été 89 , on a décidé de visiter le Maroc avec nos enfants .

Et cette fois ci , on est parti à l'ancienne comme au temps de nos voyages en Grèce, , c'est à dire avec notre voiture mais sans plan et en s'arrêtant au hasard de nos envie et cherchant un restaurant ou un hôtel au jour le jour sur le bord de la route .

Pour les visites de sites et de monuments on avait quelques idées à priori mais on s'appuyait surtout comme d'habitude sur le guide du routard que l'on révisait chaque soir .

Pour commencer on devait bien sûr traverser rapidement l'Espagne .

je me souviens de notre première halte près d'Almeria , exactement dans le désert de Tabernas pour visiter les villages de Western où avaient été tournés les films de Sergio Leone .

Il n'y avait pas encore en Europe des parcs de Loisirs et ces villages n'étaient constitués que de décors de films qui étaient laissés à l'abandon après le tournage

Nous avions déjà visité ces villages quinze ans auparavant avec la caravane de Papi et j'avais remarqué qu'ils étaient en plus mauvais état mais les enfants les ont trouvé splendides .

A l'exception de rares touristes il y avait seulement quelques gardiens pour éviter les pillages .

On allait et venait tout le long de ces avenues , pénétrant dans un saloon ou dans le bureau du shérif et photographiant les enfants dans un corral , sous un tipi d'indien ou sur une potence .

Ils étaient parfois surpris de voir que les bâtiments très réalistes coté rue n'étaient en fait que des panneaux de bois recouvert de plâtre et qu'il n'y avait rien derrière les façades mais ils étaient ravis .

 

Le lendemain , après avoir pris le ferry à Gibraltar , on est enfin arrivé au Maroc et là le dépaysement fut total , à l'exception de la langue qui restait le français ce qui a permis aux enfants de pouvoir suivre toutes nos conversations avec les autochtones tout au long du voyage .

Dès le début je fus surpris par la différence de comportements des marocains .

Ils étaient aussi sympathiques que les grecs , les yougoslaves , les turcs , les russes et même les ouzbèques avec lesquels nous avions conversé au cours de nos divers voyages mais ils avaient une manière de s'imposer pour nous vendre un bibelot ou un service qui s'apparentait souvent à de l'agression . C'était parfois limite .

Les marocains surtout dans les bleds étaient à l'époque moins riches que les touristes .

Ils manquaient de beaucoup de ressources de première nécessité et on avait lu dans le guide du routard que pour obtenir un renseignement par exemple pour vérifier notre itinéraire il était de bon ton de donner quelque chose en échange .

Dans ce but , Marie-Claire avait préparé une pochette qu'elle avait rempli de stylos et de divers objets . Elle avait confié cette pochette à nos enfants .

Et un des premiers jours alors que nous cherchions notre itinéraire dans la montagne , je crois que c'était dans le Rif , on a remarqué un petit berger au bord de la route .

Marie-Claire a demandé aux enfants qui étaient à l'arrière de la voiture de baisser la vitre et de proposer un stylo au petit garçon . Celui-ci s'approcha mais au moment où il s'apprêtait à faire son choix , une horde d'enfants jaillirent d'on ne sait où . Ils passèrent leurs mains à l'intérieur de la voiture et en quelques secondes récupérèrent la totalité des objets que l'on avait prévu de distribuer tout au long de notre voyage . Stéphanie fut un peu affolée mais finalement tout le monde finit par trouver cette aventure assez drôle .

Toujours par le routard on avait appris que , si on prenait une personne en auto-stop elle nous pourrait nous inviter chez elle .

C'est ce qui nous est arrivé un jour . Une dame que nous avions pris en stop nous a invité à prendre le thé à la menthe sous une tente dans la montagne .

Elle n'avait pas de meuble mais seulement de très beaux tapis . Elle ne parlait pas le français mais toutes les personnes qui habitaient sous cette tente avec elles étaient très souriantes et mal grès leur pauvreté évidente , elles vivaient dans un environnement très propre et très sain .

On a fait en suite escale à Fez qui est connu pour être une des villes les plus typiques du Maroc .

Mais on n'a pas pu la visiter parce que tous les commerces de la médina étaient fermés suite à une fête musulmane .

Je me souviens seulement qu'il y avait dans cette ville un très grand nombre de boutiques de tanneurs avec des bassins de traitement des peaux de chèvres qui envoyaient dans l'atmosphère une épouvantable odeur d'urine .

On a traversé en suite rapidement Rabat et Casablanca car nous voulions surtout visiter le sud du Maroc .

Mon rêve depuis mon adolescence était de pouvoir passer une nuit à la belle étoile dans le désert .

J'avais lu , toujours sur le guide du routard , que l'un des plus beaux sites du Sahara au Maroc se trouvait près de Merzouga .

Ce site avait servi de décors pour de nombreux films comme Ali Baba et les quarante voleurs ou Laurence d'Arabie .

Partant vers le sud on a repris notre route en passant par de très beaux oasis près des gorges du Dadès et de Dodgha et on est arrivé dans un très bel hôtel avec piscine .

Ce soir là on avait rencontré une couple de français avec deux enfants qui avaient programmé un voyage assez semblable au notre .

En les quittant le lendemain nous nous étions arrêtés au bord de la route pour prendre un auto-stoppeur . J'avais remarqué dans le rétroviseur que nos nouveaux amis avaient eux aussi pris un autre auto stoppeur au même endroit .

Notre auto stoppeur était un jeune homme au teint très noir . Il était vêtu d'une gandoura et d'une coiffure bleu traditionnelle des habitants du désert .

Il nous expliqua qu'il était comptable et qu'il se rendait à son travail dans une ville proche dont j'ai oublié le nom .

Au cours du voyage , je lui ai raconté que nous avions envie de passer une nuit dans le désert à Merzouga .

Il nous a alors proposé de nous y accompagner et de nous faire visiter le site si nous l'emmenions le lendemain chez son patron . Nous avons accepté sa proposition .

Tout d'abord , sur sa demande nous avons fait un détour par son domicile , où son épouse nous a offert le thé puis nous sommes partis direction Merzouga .

Nous y sommes arrivé vers le milieu de l'après midi .

Effectivement c'est un site extraordinaire avec des énormes dunes de sable orangées qui s'étalaient jusqu'à l'horizon .

Notre guide nous a proposé de faire une ballade à pied dans les dunes jusqu'à la tombée de la nuit , puis , pour le remercier , nous l'avons invité dans un petit restaurant installé au milieu du désert .

On a en suite planté nos deux petites tentes directement sur le sable et on a gonflé nos matelas pneumatiques comme lors de nos premiers voyages .

Il y avait quelques touristes qui eux aussi passaient la nuit à coté de nous dans ce camping improvisé .

Notre guide s'est couché directement sur le sable , sans matelas ni couverture mais en vrai bédouin , il nous a expliqué qu'il dormait toujours ainsi dans le désert ,

Après une nuit merveilleuse , on a repris la route pour emmener notre nouvel ami , à son travail .

Et là deux surprises .

Tout d'abord , on a retrouvé notre couple d'amis qui eux aussi avaient pris un auto stoppeur , juste derrière nous et , ils nous ont raconté qu' ils l'emmenaient à son travail , au même endroit que nous .

Et on apprit par la suite que ces deux auto stoppeurs étaient en fait des rabatteurs qui travaillaient pour le compte d'une fabrique de tapis orientaux .

On nous a proposé un grand nombre de tapis très beaux mais très chers . Je crois que l'autre couple en a acheté un mais nous , nous n'avions pas assez d'argent .

Cependant , pour remercier notre nouvel ami qui nous avait un peu roulé , Marie-Claire a acheté une petite théière dont la valeur n'avait rien à voir avec le prix des tapis.

Mais , cela n'a pas du tout calmé notre guide qui s'est énervé et , à la manière des marocains , nous a fait énormément de reproches en nous explicant que l'on lui avait perdre son temps et sa commission de vente .

 

Tous les marocains n'étaient pas aussi agressifs , en particulier ceux qui n'avaient rien à nous vendre mais ils étaient rares .

Je me souviens d'une discussion que j'avais eu un jour avec un petit berger au sujet de Stéphanie .

Il l'avait trouvé ravissante bien qu'elle soit à l'époque très jeune . Mais je ne sais pas si c'était culturel ou bien pour lui faire plaisir ainsi qu'à notre famille mais ce jeune berger nous avait accosté avec le sourire . Il appelait Stéphanie , la jolie Gazelle et me demanda si je voulais la lui donner en mariage . Stéphanie était un peu inquiète . Moi , pour rire j'ai commencé à marchander .

Il me proposa de l'échanger contre deux chèvres . Je lui répondis que je voulais trois chameaux .

Stéphanie affolée à l'idée que son père allait la vendre se réfugia dans les bras de sa mère qui , pour la rassurer , lui affirma que c'était une plaisanterie douteuse de son père mais elle m'a considéré bizarrement pendant quelques temps .

Quelques jours plus tard nous arrivèrent à Marrakech , ville superbe qui nous a rappelé Istanbul ou Samarcande .

En particulier la place Jemaa el Fna avec ses porteurs d'eau , ses charmeurs de serpents , ses conteurs , ses acrobates et ses marchands qui vendaient des produits improbables .

Je me souviens particulièrement de l'un d'entre eux qui vendait des appareils dentaires d'occasion . Un client puisait dans un grand bocal , en retirait un dentier , se le mettait en bouche pour voir s'il lui convenait et partait avec , satisfait .

J'ai un autre souvenir sur cette place ,

En sortant du parking , j'avais été accosté par une personne qui n'arrêtait pas de me harceler pour me proposer quelque chose. Je pense qu'il voulait nous servir de guide pour visiter la ville .

Pour qu'il s'éloigne je lui ai dit que j'étais d'accord mais qu'il revienne dans une heure et nous sommes partis visiter seul la ville . Quelques minutes plus tard , il s'est présenté devant moi mais je ne l'ai pas reconnu et je l'ai remballé . Alors il s'est mis à m'agresser en me disant que je n'étais pas de parole . Je ne comprenais pas pourquoi il ameutait tout le monde .

C'est Marie-Claire qui m'expliqua mon erreur .

On a finalement quitté la place sous les injures .

 

Quelques jours plus tard , après avoir traversé Ouarzazate , on est arrivé par des pistes de sable jusqu'à Zagora , dans le grand sud .

Cette ville , assez quelconque est surtout célèbre parce qu'elle est l'un des lieux de départ des caravanes qui traversent le Sahara .

Il y a d'ailleurs au bout de la ville un panneau , assez humoristique , planté face à l'immensité du désert sur lequel on peut lire , Tombouctou 52 jours . Tout un programme .

J'ai toujours eu envie de traverser le désert à dos de chameaux .

Cette envie m'est probablement venue de mon enfance lorsque je lisais , assis derrière le comptoir du tabac , les aventures de Tintin au pays de l'or noir et pet-être plus tard lorsque je regardais Laurence d'Arabie au cinéma de Blagnac .

Cette après midi là , en arrivant à Zagora , alors que toute la famille se préparait à passer une nuit paisible dans un bel hôtel après un voyage en voiture assez épuisant , j'ai rencontré dans la rue un bédouin qui m'a proposé de nous emmener tout de suite en promenade dans le désert .

J'ai réussi à convaincre Marie-Claire et nous voilà partis tous les quatre pour une grande aventure . Notre guide , sur un premier chameau , marie-Claire et moi sur deux autres et Rémi et Stéphanie  tous les deux sur un quatrième . Il y avait aussi le fils du guide qui nous accompagnait en nous suivant à pied . Au départ , on a tous été surpris . Tous ceux qui sont déjà monté à dos de chameau s'en souviennent . Le chameau est allongé sur le sol , jambes repliées , ce qui facilite notre installation puis sur ordre du guide , il soulève ses pattes arrière puis ses pattes avant . On est soulevé de haut en bas puis de bas en haut . C'est assez impressionnant mais une fois installé , on est rassuré et on s'habitue rapidement au mouvement chaloupé de leurs pas .

Notre petite caravane a quitté lentement la ville et nous sommes entrés dans le désert .

Je ne sais pas comment notre guide se repérait car il n'y avait selon moi aucune végétation à l'horizon . Comme il ne parlait pas français , je demandais des explications à son fils .

Il m'expliqua que l'on devait atteindre un arbre au milieu du désert et que c'était l'endroit où l'on s'arrêterait pour manger et pour passer la nuit à la belle étoile .

Effectivement , au bout de quelques heures on distingua un petit palmier à l'horizon , tout seul au milieu du désert . On se rapprocha et on finit par arriver près de lui .

Le guide fit se coucher nos chameaux et nous voilà tous à l'ombre du palmier .

Puis , il fit un petit tour dans le sable et revins avec quelques brindilles pour faire un feu de bois .

Il sortit en suite d'une poche située sous la selle de son chameau , une marmite , de l'eau , des légumes et du mouton et nous prépara un couscous que l'on trouva excellent .

Après le repas , comme la nuit était tombé , il sortit une grande couverture et six draps , une fois encore de sous la selle de son chameau et nous nous sommes tous couchés autour du palmier .

La nuit était calme et étoilée , nous nous sommes endormis rapidement car le jeune guide nous avait dit qu'il fallait se lever de bonne heure le lendemain car le soleil était très chaud et si nous ne voulions pas avoir de problèmes , il faudrait arriver à l'hôtel dans la matinée .

Tout était parfait sauf qu'au milieu de la nuit , un vent violent s'est levé soudainement , j'imagine que ce devait être le sirocco .

Nous avons été obligé de passer le reste de la nuit la tête enroulée dans les draps pour ne pas être étouffé par le sable du désert .

Mais le plus affolant fut de constater le lendemain que nos chameaux avaient disparus .

La veille , notre guide les avait laisser vagabonder librement autour du palmier pour qu'ils recherchent quelques maigres herbes pendant la nuit mais, pour qu'ils ne partent pas trop loin , il avait noué une corde entre leurs deux pattes avants . Ainsi entravé , les dromadaires pouvaient se déplacer à leur guise mais ils ne s'éloigneraient pas trop du palmier et il était très facile de les retrouver le lendemain en suivant leurs traces dans le sable .

Le jeune guide nous avait expliqué que son père irait les rechercher rapidement en suivant leurs traces dans le sable .

Malheureusement , le vent avait effacé toute leurs traces pendant la nuit . Impossible de les repérer .

Alors notre guide est parti à pied à leur recherche , nous laissant seuls sous ce petit palmier au milieu du désert avec les enfants et le jeune guide .

Au bout de quelques temps , on ne vit plus sa silhouette à l'horizon et on commença à s'inquiéter car le soleil montait et avec lui la température .

On interrogeait le jeune guide qui comme tous les habitants du désert avait , parait-il une meilleure vue que nous . Et de temps en temps , il nous affirmait voir son père à l'horizon , tout d'abord à l'est , puis au nord , puis à l'ouest , puis au sud . Nous on ne distinguait rien .

Les heures tournaient et nous devenions de plus en plus inquiets , imaginant que nous allions mourir dans le désert avec nos enfants .

Heureusement , vers onze heure du matin , le guide nous indiqua un petit point noir à l'horizon et au bout de quelques minutes on distingua notre guide qui avançait lentement suivis par ses quatre dromadaires .

On repris les chameaux et on arriva à l'hôtel complètement déshydraté mais sain et sauf .

Je nous revois , tous les quatre , affalés mais heureux , dégustant un jus d'orange dans un salon du restaurant .

Mais ce fut une belle aventure que l'on a vécu pour une fois ensemble avec les enfants .

 

Pour terminer avec ce voyage au Maroc et en Espagne , il nous est arrivé quelques incidents les derniers jours .

Le premier , alors que nous passions la douane marocaine .

Pendant que je m'occupais des formalités , Marie-Claire et Rémi étaient partis aux toilettes et on avait demandé à Stéphanie de surveiller la voiture mais elle s'était éloignée quelques minutes ce qui a suffit pour que l'on nous vole quelques objets , en particulier les deux walkmans des enfants .

On nous avait dit de faire attention aux voleurs au Maroc mais on n'était pas trop inquiets et il a fallu cette petite faute d'inattention le dernier jour pour que cela devienne une réalité .

Un peu vexé de ne pas avoir été assez prudent et pour notre première et dernière nuit en Espagne , j'ai décidé de faire très attention et j'ai volontairement garé ma voiture devant la porte de notre hôtel dans le centre de Séville .

Mais le lendemain , elle avait été visitée et on nous avait volé les carnets de santé des enfants et un sac de linges sales avec quelques beaux vêtements des enfants .

Je suis allé porter plainte au commissariat de police de Séville mais il y avait tellement de monde qui faisait la queue devant le guichet des déclarations de vol que je suis parti sans faire de déclaration .

 

 

 

 

J

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1988 La Turquie

 

 

Pour me remémorer l'année 1988 , j'ai utilisé comme d'habitude nos albums de photos mais aussi nos premiers enregistrements vidéos .

Nous avions fait l'acquisition , cette année là d'une nouvelle caméra et je n'arrêtais pas de filmer la famille .

Depuis la naissance de Rémi j'utilisais une caméra super 8 mais elle n'enregistrait pas les voix et les images était souvent floues ou surexposées en particulier celles que je filmais au bord de la mer ou sur les pistes de ski .

On ne pouvait vérifier la qualité des films qu'après les avoir fait développer chez un photographe . Il était trop tard pour les recommencer .

Grâce à ma nouvelle caméra vidéo , j'ai pu réaliser énormément de films . Des films de voyages , des films de nos enfants à Pibrac , à la plage ou autour de la piscine de Pégomas et des films de fêtes de famille , finalement je m'aperçois après coup que j'ai filmé les mêmes situations qu' avec ma caméra super 8 mais le résultat est beaucoup plus émouvant , surtout lorsque l'on entend les voix de ceux qui nous ont quitté

 

Revenons en 1988 , Rémi avait 13 ans et était en quatrième au collège de Pibrac . Stéphanie 9 ans était en CM1 à l'école de La Salle . Moi , 45 ans, je travaillais chez Matra espace à Labège et Marie-claire , 42 ans avait démissionné de l'Université Paul Sabatier depuis 1979 pour se consacrer à temps plein à la famille . Depuis 1972 nous habitions Pibrac .

Un des premiers souvenirs de cette année là , concerne la soirée que l'on avait fait avec nos amis d'Airbus pour fêter les 40 ans de Jaques Borel .

On avait décidé pour lui faire une farce de glisser au milieu des cadeaux , deux colis énormes qui l'avait intrigué . Et lorsqu'il a ouvert le premier , il a trouvé Marie-Claire qui est sortie souriante mais à demi asphyxiée . L'autre paquet contenait un VTT .

Un autre souvenir .

On était allé visiter le safari de Fréjus avec toute la famille et je revois Stéphanie déchaînée au milieu des animaux, donnant à manger à une girafe , poursuivant une autruche et s'esclaffant lorsqu'un lama avait craché sur Sandrine comme dans la BD Tintin et le temple du soleil .

Pour le carnaval de Pibrac , les enfants avaient fait fort coté déguisement , Stéphanie s'était déguisée en andalouse et dansait le Flamenco avec un éventail et Rémi s'était transformé en Papou . Je ne sais pas avec quoi il s'était grimé mais il avait la tête toute noire et luisante .

Il faut dire que , cette année , il avait débuté sa carrière de comédien avec une troupe amateur de Brax . Je me souviens entre autre d'une soirée où il interprétait un photographe .

Il avait aussi joué dans la pièce de théâtre , Docteur Knock de Jules Romains .

Au printemps Stéphanie fit sa communion solennelle ce qui nous permit de réunir une fois encore toute la famille à Pibrac .

Je me souviens d'avoir utilisé la caméra vidéo toute la journée surtout pendant le repas ce qui fait qu'aujourd'hui on a encore des enregistrements où l'on peut entendre les voix de tous ceux qui nous ont quittés et en particulier la forte voix de Papi .

J'ai un autre souvenir de Stéphanie courant juin .

Ce n'était plus la première communiante timide du mois d'avril mais une superbe jeune fille qui avec ses copines nous ont fait une exhibition de danses jazz lors du gala de fin d'année .

Et je dois reconnaître que c'était la plus jolie et la plus gracieuse de la troupe .

Mais l'événement le plus marquant de cette année fut , je pense , notre croisière en Turquie .

Jacques Borel avait décidé de naviguer le long des côtes turques avec son frère et quelques copains à bord de gros voiliers que l'on pouvait louer pour une semaine en Grèce .

Ils avaient pour la plus part d'entre eux peu d'expériences de navigation .

Jacques s'était seulement entraîné sur des dériveurs pendant son adolescence . Ses copains étaient du même niveau .

Le seul marin expérimenté de la bande était un ami de Jacques , dentiste à Colomiers qui avait pris un congé sabbatique quelques années auparavant pour faire un périple en Méditerrané avec son épouse et ses deux enfants .

Le projet consistait à louer 4 voiliers de onze mètres et , partant de l'île de Rhodes , rejoindre la Turquie et naviguer le long de la côte autour de Marmaris .

Cette partie de la côte Turque , très découpée avec des caps et des estuaires ressemble au Finistère breton et est réputée comme étant l'une des plus belles croisières de la Méditerrané .

Le dentiste sur un premier voilier était responsable de la navigation et les 3 autres skippers n'avaient qu'à le suivre .

On nous avait assuré qu'en cette saison le vent qui soufflait en mer Egée , le Meltem n'était violent qu'en fin d'après midi .

En quittant le mouillage tôt le matin , on n'aurait qu' a naviguer par temps calme avec le moteur diesel et , pour limiter le roulis , on utiliserait la grand voile mais sans le foc.

Il y avait suffisamment de couchettes sur chaque voiliers pour loger 4 adultes et 4 enfants .

Comme il restait 4 places sur le dernier bateau Jacques me proposa de venir avec eux .

Je fus tout de suite séduit par l'idée de faire une croisière aussi exceptionnelle et ainsi améliorer mes compétence en navigation mais Marie-Claire n'était pas emballée .

Elle se savait sujette au mal de mer et redoutait l'idée de rester une semaine sur un bateau .

Et elle se souvenait de notre croisière au cap Béar avec le voilier de Matra qui avait failli se terminer en drame .

Finalement elle a dit oui pour me faire plaisir mais à la condition de laisser Stéphanie et Rémi chez Pépé et Mémé .

Je fus d'accord mais avec le recul nous avons regretté de ne pas les avoir emmené car ce fut assurément l' un de nos plus beaux voyages .

Au départ , le programme paraissait assez complexe .

Nous avons pris un avion pour Izmir en Turquie , puis un bus vers Marmaris , toujours en Turquie et de là , un ferry pour l'île de Rhodes en Grèce .

Arrivé à Rhodes nous devions prendre possession de nos bateaux et naviguer vers la Turquie .

Tout ce trafic probablement parce que les locations de voiliers étaient moins chères en Grèce .

Mais tout ne s'est pas déroulé exactement comme je l'avais espéré et ceci dès le premier jour .

Dès notre arrivée à Rhodes en début de matinée , nous avons pris possession de nos quatre voiliers .

Le notre était amarré au bord du quai et au moment où j'ai sauté à bord , j'ai ressenti une vive douleur au mollet droit .

J'ai compris à l'instant que la déchirure que je m'étais faite en jouant au tennis avec Rémi un mois auparavant s'était réveillée . Pendant quelques jours j'étais allé au travail avec une canne puis j'avais commencé à marcher prudemment prenant garde à ne pas forcer sur ma jambe droite mais ce jour là , dans l'euphorie du départ j'ai oublié ma déchirure et j'ai sauté sur le bateau en prenant appui sur cette jambe .

Grand moment de solitude puis j'ai réfléchi et estimé que comme nous devions rester une semaine sur le bateau je pourrais tout de même aider jacques aux manœuvres sans trop forcer sur ma jambe .

J'étais tellement heureux de naviguer que je ne me suis pas plein et tout le monde fut rassuré .

J'ai donc passé tout le voyage en boitant.

C'était la première fois de ma vie que je naviguais sur un voilier en haute mer .

En fait ce ne fut pas très difficile car nous naviguions la plus part du temps au moteur et nous n'utilisions la voile et le foc que par vent moyen .

Jacques tenait la barre et nous conseillait pour les manœuvres , Hisser ou affaler la grand voile , la border en utilisant les winchs , enrouler ou dérouler le foc , jeter ou lever l'ancre , installer ou désinstaller les pares battages , ranger les bouts , préparer l'annexe ….

A près quelques week-end de navigation sur le voilier de Matra , j'avais acquis une petite expérience en tant qu'équipier .

Pour la navigation nous gardions le cap que nous indiquait le skipper du premier voilier .

Nous communiquions tous par radio .

Et donc , ce matin là , nous avons quitté le port de Rhodes pour rejoindre la cote Turque en six ou sept heures . La mer était peu agitée .

Mais , très rapidement , comme elle le redoutait , Marie-Claire commença à ressentir les prémices du mal de mer .

Elle rejoignit sa couchette en se préparant à passer une semaine désastreuse mais heureusement , une de nos amies qui était elle aussi sujette au mal de mer lui avait proposé d'utiliser un médicament , le scopoderm , un patch qu'elle se colla derrière le coup pendant toute la semaine sans ressentir la moindre nausée . Elle put ainsi apprécier la croisière, comme nous tous .

La première traversée se déroula sans problèmes . En début de soirée , nous atteignîmes la Côte Turque près de Fethiye .

Notre amiral dentiste prit la décision de mouiller notre flotte dans une petite crique bordée par de hautes falaises .

Nous avons jeté l'ancre au milieu de la baie et nous nous sommes préparés à passer notre première nuit en mer .

Sandrine et Stéphanie couchaient à l'avant du bateau , nous couchions à l'arrière et Jacques et Myriam dormaient dans le carré qui nous servait de cuisine et de salle à manger .

Nous avions aussi des toilettes et une douche .

Nous avions suffisamment espacé nos voiliers de telle sorte qu' ils ne puissent pas se heurter pendant la nuit .

Dès le premier soir nous avons eu un léger problème .

Jacques m'avait demandé de jeter l'ancre au milieu de la baie mais au bout de quelques minutes , comme il n'était pas satisfait de notre mouillage , il décida de déplacer notre voilier .

Et , comme je mettais un peu trop de temps pour remonter l'ancre , il mis en route le moteur et déplaça le bateau en traînant l'ancre jusqu'à une nouvelle position qu'il jugea parfaite .

Au début tout allait bien mais au cours de la soirée , le Meltem se mit à forcir et le bateau commença à osciller autour de l'ancre .

A chaque va et vient , le voilier nous semblait dériver légèrement . Au bout de quelques temps , Myriam eut l'impression qu'il se rapprochait dangereusement de la falaise mais Jacques qui n'était pas inquiet décida d'aller se coucher car il estimait que le voilier ne dérivait pas .

Marie-Claire , fatiguée par son mal de mer s'endormit rapidement ainsi que les deux filles .

Myriam voulut rester sur le pont pour vérifier si le bateau ne dérivait pas . Je restais avec elle .

On a passé ainsi notre première nuit à bord à scruter les oscillations du voilier autour de l'ancre afin de vérifier si elles ne nous rapprochaient pas lentement de la falaise .

Finalement , vers une heure du matin on a réveillé Jacques car on commençait à se rapprocher dangereusement du bord .

On a relevé l'ancre et nous nous sommes installé au milieu de la baie cette fois correctement .

 

Dès le lendemain , on a prolongé ce voyage de rêve en cabotant le long de la côte Turque entre Fethiye et Bodrum , faisant halte dans de petits ports sublimes ou jetant l'ancre au milieu de baies désertes où l'on débarquait avec nos petits canaux pneumatiques .

Le programme s'est déroulé comme prévu .

Nous avons fait escale à Fethiye , Göcek , Caunos , où nous avons admiré les ruines d'une cité antique que l'on ne peut visiter que par la mer , Daylan , Marmaris , Serce Limani , Knidos et Bodrum avec la visite de la merveilleuse citée antique d'Ephèse  , et enfin retour à Rhodes en passant au large de la minuscule île de Simi que je rêvais de visiter depuis mon premier voyage en Grèce avec Marie-Claire en 1967 ,

Cette région mélange la beauté sauvage de ses côtes et la richesse du patrimoine architectural .

Il faut noter que c'est dans cette minuscule zone que l'on pouvait admirer dans l'antiquité trois des sept merveilles du monde aujourd'hui disparues , le temple d'Artémis à Ephèse , le mausolé d'Halicarnasse à Bodrum et le colosse de Rhodes .

En cette période de l'année , la mer Egée était d'une clarté et d'un bleu extraordinaire , la température dépassait les vingt cinq degré .

Je me souviens même qu'un jour , alors que nous approchions d'une petite baie désertique , nous avons coupé les moteurs des quatre voiliers et , sans attendre d'avoir jeté l'ancre , tout le monde a sauté à l'eau . Ce qui est interdit car dangereux mais nous étions jeunes et insouciants .

 

Aujourd'hui , lorsque je me je me remémore ce voyage , quelques souvenirs plutôt cocasse refont surface .

Il faut dire qu'il nous est arrivé pas mal d'aventures en quelques jours .

J'ai déjà relaté notre première nuit à Fethiyé qui aurait pu mal se terminer .

Je me souviens qu'un matin alors que nous nous approchions d'une plage de sable , une lame a soulevé notre voilier et nous a projeté vers un haut fond . Nous étions piégés dans une nasse . Impossible d'en sortir , la quille était trop profonde et nous empêchait de revenir vers le large .

Mais , surtout , à chaque vague la quille heurtait le sable et risquait de se rompre .

Grand moment de panique car il n'y avait personne pour nous secourir excepté les trois autres voiliers . Il fallait réagir rapidement .

Heureusement , l'un de nous , probablement notre amiral dentiste eut une idée géniale .

Pour diminuer la hauteur de la quille il fallait incliner notre voilier sur le coté , ce que l'on a pu réaliser en plaçant deux bouts en haut de notre mat que l'on a relié à un second voilier .

On a pu ainsi incliner notre bateau , pratiquement à l'horizontale pour que la quille ne touche pas le sol et le tracter vers le large .

Un autre jour , au moment du départ , on a découvert que l'on ne pouvait pas relever notre ancre .

On a finit par comprendre que , suite à une nuit agitée , le cordage de l'ancre s'était enroulée autour de la quille et pour pouvoir la récupérer , il a fallu que je plonge sous le voilier . Heureusement , l'eau était chaude et claire .

Je me souviens aussi d'un soir , alors que nous étions occupés à affaler la grand voile , qu'un coup de vent brusque fit dériver la baume . En terme de marine , je crois que l'on appelle cela , un empannage .

Marie-Claire qui aidait à attacher la voile sur la baume , s'est retrouvée tout à coup suspendue au dessus de l'eau .

Elle est restée quelques instants agrippée à la baume , craignant de tomber à l'eau .

Heureusement , un autre coup de vent ramena la baume sur le voilier ce qui lui permit de rejoindre le bord saine et sauve . 

Un autre jour alors que l'on mettait notre annexe à l'eau , pour rejoindre une plage enchanteresse , un coup de vent , souleva le canot qui se retrouva dans l'eau , à l'envers . Le temps de le retourner fut suffisant pour noyer son moteur ce qui nous obligea par la suite à rejoindre les plages à la rame .

C'est bizarre de ne se souvenir que des mésaventures et pourtant ce fut une de nos plus belles vacances .

Au bout d'une semaine nous avons ramené les voiliers à Rhodes et l'équipe s'est séparée en deux .

Une moitié a continué le voyage en Turquie vers la Cappadoce alors que nous avons choisi de nous reposer dans un palace avant de reprendre le travail .

Nous avons tout de même fait une escale à Pamukkalé , un site assez extraordinaire avec ses eaux thermales qui coulent le long des terrasses de traversin blanc . Une pure merveille . 

Notre voyage a été de bout en bout exceptionnel . Notre seul regret fut de ne pas avoir emmené Rémi et Stéphanie avec nous .

Cette année 88 qui avait été si formidable pour notre famille , s'est malheureusement mal terminée avec le décès de Papi car c'est dès le lendemain de la communion de Stéphanie au mois de Mai que l'on apprit que ses problèmes d'estomac étaient la conséquence d'un cancer du pancréas , maladie terrible et très douloureuse .

Au cours des derniers mois sa santé alternait entre des phases très douloureuses et d'autres où il reprenait toute sa force et sa joie de vivre après des transfusions sanguines .

Comme il devait faire des séjours très fréquents à l'hôpital , ils décidèrent de vendre leur villa de Bérat et de louer un appartement avenue d'URSS à coté de Purpan . Durant toute cette période , il a fait preuve de beaucoup de courage , ainsi que Mamie . Je me souviens que quelques jours avant son décès il faisait encore des projets de voyages à l'étranger .

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1987 La Grèce

 

 

Je me souviens que cette année là nous avions fait de nombreuses sorties avec la bande de l'Aérospatiale et leurs enfants qui avaient tous à peu près le même âge que Rémi et Stéphanie .

Lorsqu'on se déplaçait quelques part , on était plus d'une trentaine . Les enfants étaient ravis .

Parmi ces ballades je me souviens d'un week-end dans l'Aveyron pour les 40 ans de Charlie Firtion .

Mais surtout du voyage en Grèce .

On avait décidé de partir tous ensemble , chacun dans sa voiture . Il y avait les Firtion , les Cayla , les Borel , les Rouquière et nous , en tout cinq voitures avec deux enfants par couple , soit 20 en tout . Le premier jour on avait campé à Pégomas chez Pépé et Mémé qui avait selon leur habitude invité tout le monde à manger , puis on avait planté nos tentes près de la piscine . Le lendemain on avait fait escale à Florence où l'on était resté quelques jours pour faire les traditionnelles visites , le Ponte Veccio , la cathédrale , la galerie des Offices . Sans réservation , on avait eu beaucoup de mal à trouver des hôtels à l'intérieur de la ville mais on y était tout de même arrivé . Je me souviens du nôtre , une bâtisse très ancienne avec des très vieux meubles qui semblaient dater de la renaissance italienne . Les enfants avaient moyennement apprécié la visite des musées par contre ils avaient été assez bluffés le lendemain lors de notre escale à Pise face à la fameuse tour penchée .

Le lendemain on prenait le ferry à partir de Brindisi , on a longé sans accosté l'île de Corfou et sommes arrivés en Grèce au port d'Igoumenitsa .

Nous avons pris la route en direction de Kalambaka pour visiter le fameux site des Météores avec ses formations géologiques qui abritent des monastères chrétiens orthodoxes perchés au sommet de falaises et de pitons rocheux gris sculptés par l'érosion .

Ce site exceptionnel est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco . Malheureusement on n'a pas pu visiter les monastères car ils sont interdits aux femmes .

Au retour de notre visite des Météores , on s'est installé dans un camping pour notre première nuit en Grèce .

C'est à ce moment , pendant que les enfants jouaient et courraient autour de nous , que Rémi s'est blessé , assez sérieusement . Il s'est planté une des sardines qui servent à fixer les tentes au sol dans le pied gauche . Quelle frayeur .

On l'a amené rapidement à l'infirmerie du camping . On était inquiet car personne ne parlait le Français et il nous semblait que les méthodes médicales proposées étaient assez archaïques .

On craignait l'infection mais finalement , cela s'est bien déroulé .

Rémi a du cependant garder un pied bandé pendant une semaine avec interdiction de le plonger dans la piscine pendant une semaine .

Je me souviens qu'il se mettait la tête sous l'eau en gardant un pied accroché au bord de la piscine .

Le reste du temps il jouait et nous suivait en boitant .

Nous avons continué notre voyage vers Athènes en passant par le canal de Corinthe .

Il faisait une chaleur suffocante . On se baignait dans les fontaines publiques .

Les enfants ne se souviennent pas de nos visites des musées pourtant on a vu des splendeurs cet été là , l'Aurige à Delphes , Zeus brandissant la foudre à Athènes ou l’Hermès de Praxitèle à Olympie et bien sûr l'Acropole et les merveilleux temples et théâtres . Et aussi les petites plages de la mer Egée à l'eau si chaude .

Ce qui leur avait particulièrement plus s'était la gentillesse et la spontanéité des grecs lorsqu'on arrivait dans un village et que l'on cherchait à se restaurer . Sans avoir réserver , on débarquait à 20 personnes , dont 10 enfants dans des petites auberges de village qui devait servir au maximum 3 ou 4 clients par jour . Mais dès que l'on leur demandait si l'on pouvait manger , c'était le branle bas de combat dans le village .

Il arrivait des grecs de partout qui amenaient des tables et des chaises dans la rue .

Je ne sais pas où il trouvait la nourriture pour toute notre troupe mais , finalement , on était servi très rapidement dans un grand brouhaha mais avec énormément d'amabilité et de professionnalisme .

J'ai un dernier souvenir de ce voyage . Sur le chemin du retour , la bande s'était séparé pour rentrer chacun chez soi le plus rapidement possible .

Mais ce ne devait pas être notre jour de chance ce soir là car , alors que nous n'étions plus que quatre , nous n'avons trouvé que des restaurants et des hôtels complets et nous avons dû dormir à jeun dans la voiture au milieu de la campagne italienne et sous la pluie .

Alors que tout nos amis nous ont raconté plus tard qu'ils n'avaient eu aucun problème pour se restaurer et se loger .

Heureusement , le lendemain , nous sommes arrivés sans problèmes à Pégomas où tout c'est terminé comme à la fin des bd d'Astérix , par un joyeux repas .

 

L'autre événement important de cette année ce fut le mariage de Véronique et Patrick à Lavaur .

Encore une fois , un très beau mariage qui a réuni toute la famille .

J'ai un souvenir particulier de cette cérémonie , c'était je crois la dernière fois que Papa s'est retrouvé faisant la fête avec ses deux neveux Robert et Jeannot , neveux qui , suite au divorce de leur mère ont été élevés par notre famille et y sont restés jusqu'à leur mariage .

Robert et Jeannot ont toujours considéré Papa et maman comme leur père et mère .

J'ai adoré voir au cours de cette journée Papa et mes deux autres grands frères blaguant et riant comme des gamins en se remémorant les bêtises qu'ils avaient faites ensembles .

Véronique et Patrick formaient un couple de mariés magnifique .

Ils étaient tous les deux de grands sportifs . Patrick a toujours fait de la musculation et Véronique de la natation sportive .

Elle nous racontait que lorsqu'elle débutait ses entraîneurs lui attachaient alternativement les mains et les pieds lorsqu'elle faisait des longueurs de bassin pour qu'elle développe ses muscles .

J'ai beaucoup de mal à parler de notre petit ange Véronique , qui nous a quitté si tôt .

 

C'est aussi cet année là ou l'hiver suivant qu'avec notre équipe d'amis au grand complet on s'est retrouvé après la Grèce pour skier .

Nous avions loués un gîte pour une semaine dans les Pyrénées près de Font-Romeu et tous les jours nous changions de stations . Nous avons ainsi essayé les pistes de Font-Romeu de Puyvalador des Angles et de Portet-Puymorens . Les enfants étaient ravis . Ils avaient l'impression d'être en colonie de vacance .

Et un dernier souvenir de cette année .

On était à l'époque abonné au théâtre Daniel Sorano dirigé par notre grand comédien toulousain , Maurice Sarrazin le fondateur du Grenier de Toulouse .

J'aimais beaucoup cette troupe que j'avais découvert au cours de mon adolescence dans le Dindon de Feydeau .

Marie-Claire qui habitait dans sa jeunesse à quelques mètres de Daniel Sorano , avait toujours elle aussi adoré le théâtre .

C'est pourquoi, à coté des sorties au cinéma et en boîtes avec les copains nous avions toujours réservé une place importante au spectacle vivant .

Et cette année là , nous avions pensé que Rémi était suffisamment mûr pour apprécier ce genre de spectacle qui le sortirait des habituels dessins animés de la télévision .

Pour qu'il soit intéressé nous avons choisi la pièce de Jean Rostand , Cyrano de Bergerac .

Mais notre projet a réussi bien au delà de nos espérances . Rémi a été émerveillé pendant toute la représentation .

J'imagine que cette soirée a été peut-être l'une des plus importante de sa jeunesse car , bien qu'il ne nous l'ait jamais réellement exprimé , dès cet instant il a eu le désir qui ne l'a jamais quitté de devenir comédien .

Ce qui est certain c'est que dès le lendemain il nous a annoncé qu'il voulait abandonner le football pour pouvoir suivre des cours de théâtre .

Dès cette époque il s'est investit à mon sens un peu trop dans le théâtre , surtout au détriment de ses études scolaires et universitaires .

Pour notre part , à cette époque nous étions ravis de le voir s'éclater sur scène et nous ne rations aucune de ses représentations .

 

Toujours à propos de théâtre , je me souviens que quelques années plus tard , on a essayé la même méthode avec Stéphanie .

On l'a amené , elle aussi au théâtre Daniel Sorano pour une première représentation .

Malheureusement ou heureusement , on ne jouait pas ce soir là , Cyrano de Bergerac mais les trois sœurs de Tchekhov .

La pièce était beaucoup plus triste et si soporifique que Stéphanie s'est endormie durant la représentation .

Conséquence , je crois que depuis, elle apprécie moyennement le théâtre mais à notre grand soulagement elle a préféré évoluer , à sa méthode , c'est à dire sans bruit vers une carrière plus scientifique .

 

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1986 Paris

 

 

Encore une année paisible qui a débuté par les week-ends de ski dans les Pyrénées avec notre camping car puis les vacances de noël et le réveillon chez Mémé avec la famille Vella au grand complet .

Pour les vacances de Février nous étions allé à Bonascre avec Eliane , Serge et Laurence qui débutait le ski . Il y eut aussi , au mois de mai , la communion de Sandrine .

Mais le fait marquant de cette année fut notre expédition à Paris .

Papi venait d'acheter une nouvelle caravane beaucoup plus moderne que celle que l'on avait utilisé lors de notre voyage en Espagne . On a décidé de l'emprunter pour se loger à Paris car on trouvait les hôtels trop chers pour nos moyens .

Un ami nous avait indiqué que l'on pouvait vivre au centre de Paris pour presque rien en campant au bois de Boulogne .

On a proposé à Roger , Louisette et Sandrine de nous accompagner avec la vieille caravane de Pépé qui servait de chambre de secours à Pégomas .

Les enfants s'en servaient de salle de jeux durant les vacances d'été . Elle était encore confortable intérieurement mais inutilisable sur la route . Les pneus étaient crevés , il n'y avait plus de freins ni de système électrique , ni d'amortisseurs .

Heureusement Christian et Jeanine avaient eux aussi acheté une petite caravane qui était parfaite pour eux trois .

Nous voilà donc cheminant sur les routes de France avec nos deux caravanes , direction Paris .

Je n'avais pas préparé notre voyage .

On partait à l'aventure , comme je l'avais toujours fait en Grèce et en Espagne . On roulait dans la journée , on s'arrêtait sur des aires de repos pour le repas de midi , on cherchait un camping chaque soir et le matin on utilisait les toilettes du camping avant de repartir pour une nouvelle journée . On organisait nos journées au jour le jour .

Les enfants étaient ravis . C'était la première fois que l'on couchait dans une caravane .

Rémi et Stéphanie avaient l'habitude de notre camping car , mais on ne l'avait jamais utilisé la nuit .

On a commencé par visiter les châteaux de la Loire , Blois , Amboise , Saumur , Azay-le-Rideau , mon préféré , Chambord avec son fameux escalier à double vis conçu par Léonard de Vinci .

Je ne sais pas si nos enfants ont réellement apprécié le coté historique du voyage .

Ils étaient sans doute trop jeunes mais je me souviens que Rémi avait aimé le Château de Cheverny lorsque je lui avait fait remarqué qu'il avait servi de modèle au dessinateur Hergé pour le château de Moulinsart des aventures de Tintin .

On est ensuite arrivé à Paris , on a installé nos caravanes à l'ombre des arbres du camping du bois de Boulogne et on a utilisé le métro pour nos déplacements .

Pour que les enfants apprécient notre séjour , on n'avait pas programmé de visites trop culturelles .

Comme tout bon touriste , on est monté sur la Tour Eiffel , on a parcouru les Champs-Elysées de la place de la Concorde jusqu'à l'Arc de Triomphe , on a admiré Notre Dame de l'extérieur et on s'est promené le long des quais de la seine et sur quelques ponts .

On a tenté une visite un peu plus culturelle avec le Palais de la Découverte mais la seule chose qui a intéressé les enfants ce fut une expérience acoustique .

Les organisateurs avaient regroupé une trentaine de visiteurs autour d'une grande table circulaire et chacun d'entre-nous devait dialoguer avec la personne qui lui était diamétralement opposé .

Le résultat aurait du être un grand brouhaha mais comme le rayon de la table était proportionnel à la longueur d'onde du son , chacun d'entre nous entendait parfaitement son vis à vis et n'entendait pas ses voisins . Un miracle de la science .

On en a terminé avec les visites scientifiques ou culturelles .

Les enfants ont préféré la visite du parc de la Villette avec la Géode . C'était la première fois que l'on assistait à des séances de cinéma en 3D .

Stéphanie avait beaucoup apprécié les personnages en cire du musée Grévin et Rémi le musée des invalides avec ses nombreuses salles remplies de souvenirs des batailles Napoléonienne et surtout ses collections d'armures du moyen Age .

Pour terminer le voyage à Paris nous voulions avec Louisette faire une sorte de pèlerinage et aller sur les traces de nos grands parents .

On a cherché le magasin de nos grands parents rue Caulincourt . On a pris une photo devant un magasin sans être sûr que ce soit la bonne adresse .

On avait aussi voulu visiter le quartier de la Chapelle et de la Goutte d'or où maman avait passé son enfance . Cela ne ressemblait pas à ce qu'elle nous avait décrit . On a seulement vue une multitude de musulmans qui priaient dans la rue .

Je termine le récit du voyage à Paris avec deux histoires qui concernent Rémi .

La première s'est passée à Montmartre . On admirait le talent des artistes peintres en train de réaliser nos portraits sur les trottoirs de la place du Tertre quand , je ne sais pourquoi , un policier fit une remarque à un touriste . Cela n'a pas plus à Rémi qui , se prenant probablement pour un héros de ses séries télévisées , le traita de connard .

Et me voilà , obligé de faire des excuses au policier qui heureusement ne s'est pas vexé et m'a seulement dit que je n'élevais pas bien mes enfants .

Une autre histoire plus amusante nous est arrivée alors que l'on rentrait au camping vers onze heures du soir .

Pour le rejoindre nous traversions le bois de Boulogne , probablement par des allées investies à cette heure de la nuit par des travestis .

Et c'est ainsi qu'un soir , Rémi qui regardait par la fenêtre me fit la remarque suivante .

Papa , Papa , je viens de voir une dame toute nue ….Elle avait un zizi .

 

Au retour de Paris , Roger , Louisette et Sandrine sont passés par Toulouse pour rendre la caravane à Christian et nous en avons profité pour les amener faire une randonnée dans les Pyrénées .

Roger a toujours adoré la montagne et particulièrement la région de Luchon . Il nous parlait souvent des excursions qu'il avait faite lorsqu'il était moniteur de colonies à Loure Barousse .

On avait fait ce jour là avec les enfants et Cannelle une la ballade assez facile jusqu'au lac d'Espingo en passant par le lac d'OO .

 

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Les folles aventures

 

Les années s'écoulaient paisibles avec nos sorties hebdomadaires , gymnastique avec ses copines pour Marie-Claire , footing dans la forêt de bouconne pour moi , football pour Rémi , danse jazz pour Stéphanie .

L'hiver , ski pour tout la famille avec le camping car , L'été , randonnées avec les amis de Pibrac dans les Pyrénées et dans l'Aveyron et la Dordogne avec les amis de l'Aérospatiale.

L'été , la mer et la piscine à Pégomas avec la famille . Et entre les deux repas familiaux, à Brax , à Labège et à la Livinière .

Et grâce à mes collègues de Matra, une activité nouvelle , la navigation à voile .

Le comité d'entreprise louait à l'année un très beau voilier de quinze mètres et chaque week-end les salariés de la sociétés et leur famille pouvaient à tour de rôle s'inscrire pour effectuer une croisière en Méditerranée .

Il suffisait qu'il y ait pour chaque sortie en mer , un bon skipper associé à un second confirmé .

Les autres membres de l'équipage pouvaient être des débutants .

Je me suis inscrit pour une première croisière avec Marie-Claire et Rémi .

J'étais aux anges à l'idée d'apprendre enfin les rudiments de la voile .

Marie-Claire n'était pas très enthousiaste car elle se souvenait des sorties en Grèce et craignait d'être encore une fois malade mais pour me faire plaisir elle accepta d'y participer .

La croisière partait de Saint Cyprien . On longeait la côte en passant près d'Argeles puis Collioure . On dépassait ensuite le cap Béar entre Port-Vendres et Banyuls pour rejoindre en soirée Puerto de la Selva sur la Costa Brava .

Après une nuit sur le bateau , on revenait à Saint Cyprien où nous attendaient nos voitures ..

Une belle croisière en perspective .

Le skipper était un jeune ingénieur de Matra dont j'ai oublié le nom . C'est lui qui réglait les voiles , son épouse tenait la barre . Ils étaient accompagnés de leur fils , un enfant qui devait avoir environ un ou deux ans . Ils étaient originaires de Bretagne et avaient une bonne habitude des régates sur l'océan mais naviguaient en Méditerranée pour la première fois ,

Les autres passagers . Marie-Claire , Rémi , moi et un autre couple . Étions tous débutants .

Nous sommes partis au petit matin , le ciel était beau , la mer relativement calme avec un vent de force 3 ou 4 .

Marie-Claire et Rémi étaient assis à l'arrière du voilier , à côté de l'épouse du skipper qui tenait la barre .

Moi qui n'avait connu jusqu'à présent que la planche à voile , j'observais enfin en vrai un marin expérimenté à la manœuvre , essayant d'assimiler les subtilités de la navigation , le réglage de la grand voile et du foc , l'utilisation des winchs , le virement de bord , les prises de ris .

Avant le départ , le skipper nous avait indiqué comment calculer le cap pour rejoindre Puerto de la Selva . On était ensuite sorti du port au moteur puis il avait hissé la grand voile , déroulé le Foc et nous sommes partis à faible allure vers notre destination en longeant la côte .

La traversée s'est déroulée sans incident . Marie-Claire n'a ressenti aucun malaise , Rémi était assez satisfait , moi j'étais aux anges .

Nous sommes arrivés au port à l'heure prévue . Je ne me souviens plus de la soirée ni de la nuit passée à bord mais le lendemain , notre skipper nous dit qu'il faudrait partir plus tôt car la météo signalait un forcissement du vent dans la journée . Sans trop s'inquiéter on a quitté Puerto de la Selva .

Et à partir de cet instant , la situation s'est progressivement dégradée jusqu'à devenir catastrophique . Le vent a augmenté brusquement passant en quelques heures de force 3 à force 9 , une quasi tempête .

Nos bretons étaient habitués à l'Océan où les changements de force de vent ne sont pas aussi rapides .

Pour rejoindre le cap Béar on a été obligé de naviguer au près serré et avec la houle les vagues commençaient à passer par dessus bord . Je me suis aperçu que notre skipper commençait à s'inquiéter pour son bébé et il a demandé à son épouse de rester avec son fils à l'intérieur du voilier . Avec le recul du temps et la petite expérience de navigation que j'ai aujourd'hui , J'ai compris ce qui nous est arrivé .

Le skipper préoccupé par l'idée de faire rentrer son épouse , son fils , Marie-Claire et Rémi à l'intérieur ne s'est pas rendu compte que le vent forcissait rapidement . Il aurait dû en priorité réduire la grand voile en prenant des ris pendant que son épouse tenait la barre .

Mais quand il a repris la barre , la grand voile était au maximum et le voilier était pratiquement couché . Il nous a demandé de réduire la voile en prenant plusieurs ris car il était occupé à tenir la barre . Mais nous étions incapables de comprendre ni de réaliser cette manœuvre en conséquence de quoi , le voilier a continué sa route avec la houle qui recouvrait la moitié du voilier .

On s'est approché du cap il a fallu virer de bord , mais pour effectuer cette manœuvre , par gros temps , il faut un skipper à la barre et deux équipiers expérimentés , un pour larguer le foc et un autre poule le border rapidement .

Mais nous étions trop débutants et au bout de plusieurs manœuvres le foc s'est déchiré .

Il nous a alors demandé de passer à l'avant pour récupérer le foc et le ranger .

Nous n'étions pas attachés et je me souviens que l'on faisait des sauts de plus d'un mètre . Si l'un de nous était tombé à la mer cela aurait été catastrophique car avec le voilier dans cet état le skipper n'aurait pas pu faire demi tour pour nous récupérer .

Finalement , nous avons réussi à ranger le foc et le skipper a mis le moteur en marche .

Mais le bateau avait toujours une forte de gîte car on n'avait pas pu réduire la grand voile , et comme le courant près du cap Béar était très fort , même avec le moteur on n'a pas pu dépasser le cap Béar . A chaque virement de bord , le courant et le vent nous ramenait en arrière .

Il a fallu changer de cap . Nous nous sommes dirigés vers le port de Banyuls où nous avons laissé le bateau et ensuite nous sommes rentrés à Saint Cyprien en auto stop .

Pour une première expérience de voile ce n'était pas le pied .

Une autre aventure un peu folle , le canyoning

C'est en 1984 que l'on a débuté le canyoning avec la descente des rios dans les Pyrénées .

Chez Matra , tout le monde parlait de la fameuse descente du Rio Vero dans le Parc naturel de la Sierra de Guara en Espagne . C'était assez sportif . On devait se jeter dans les torrents et se laisser emporter par le courent . Il fallait savoir nager et ne pas trop craindre l'eau froide .

Cette année là , très peu de sportifs pratiquaient ce loisir mais cela me faisait fantasmer autant que la voile . Je m'imaginais crapahutant au fond de ces canyons tel Indiana Jones . Mais ce sport était et est toujours assez dangereux . Il faut comme pour les sorties en mer ou en montagne faire attention à la météo car par temps d'orage , les eaux montent brusquement dans ces gorges étroites et une ballade sympathique peut se transformer rapidement en drame car lorsqu'on a commencé la ballade , on ne peut , ni revenir en arrière , ni s'échapper sur les berges . On doit impérativement terminer le parcours . Il n'y a qu'un passage possible . L'autre danger réside dans le fait que ces Rios ne sont pas des piscines . Lorsqu'on plonge on ne voit pas le fond et il peut y avoir des rochers .

C'est pour cette raison qu'il faut toujours , soit se faire accompagner par un guide , soit bien connaître le parcours et dans ce cas avant de plonger dans un gouffre ou glisser dans une cascade , vérifier au préalable que l'on peut le faire sans danger .

Je rêvais depuis quelques temps de descendre un de ces Rios . Certains sont très physiques . Il faut descendre des falaises de 50 mètres de dénivelés en rappel . Trop dur pour moi .

Mais on m'avais raconté que , parmi toutes ces randonnées , celle du Rio Vero était particulièrement facile et sans danger pour des débutants . Je proposais à Marie-Claire d'y aller .

Elle était un peu inquiète mais lorsqu'elle apprit par notre voisin et ami Robert Pozzobon qu'un club de troisième âge de Pibrac projetait de faire cette ballade elle accepta .

Et nous voilà partis , avec Rémi , Stéphanie , nos amis , une équipe de retraités de Pibrac et un guide . Je pense que c'était en septembre , époque ou les eaux des torrents Pyrénéens sont au plus bas . Pour la descente on avait loué des combinaison de plongée car la température du Rio , à cette période de l'année est d'environ 14 degrés . On avait aussi des sacs à dos et des boîtes étanches où l'on avait mis nos vêtements , nos papiers d'identité et le permis de conduire .

Le Rio Vero se trouve dans le parc naturel de la Sierra et des canyons de Guarra en Espagne .

Pour s'y rendre on passait par le tunnel de Bielsa , au fond de la vallée de Saint Lary-Soulan .

Le plus impressionnant , lorsqu'on fait du canyoning pour la première fois , mais on nous y avait préparé , c'était le départ . Après une petite marche sur un sentier qui longeait le Rio , on arrivait au bord d'un petit gouffre , dans lequel il fallait plonger . On était emporté par le courent et environ vingt mètres plus en aval on sortait la tête de l'eau et on était projeté sur une petite plage . A partir de cet instant , on ne pouvait plus revenir en arrière . Il fallait suivre le lit du torrent jusqu'au village d'Alquézar . La randonnée durée toute la journée .

Avec une certaine appréhension on s'est jeté un par un dans le gouffre et on s'est retrouvé rapidement sur la plage de sable au milieu d'une végétation sauvage , entouré de falaises énormes .

Et on a commencé la ballade , tantôt en marchant dans le ruisseau , tantôt faisant la planche en se laissant emporter par le courant , d'autres fois en nageant dans des petites cuvettes qui ressemblaient à des piscines  . Quelques fois en se laissant glisser le long de toboggans qui ressemblaient à ceux des piscines des parcs aquatiques actuels . Rémi et Stéphanie étaient ravis .

Que du bonheur .

En fin d'après midi , nous sortîmes du Rio et sommes arrivés par un petit sentier de montagne jusqu'au village d'Alquézar où , après une bière bien méritée on a rejoint nos voitures .

J'ai participé seul à d'autres sorties canyoning dont la fameuse Péonéra où là , on a fait toute la ballade en nageant dans une eau profonde , avec des passages sous terrains .

Mais l'aventure la plus folle , on la doit à la sortie que l'on a faite , encore une fois au Rio Véro mais avec la bande de la famille Soulcié .

Les Soulcié , Michel , Nicole , leurs enfants , frères et cousins , une sacré bande de joyeux fêtards , très sportifs , toujours prêt à nous embarquer dans des aventures un peu folle .

Ils n'avaient jamais fait cette ballade et nous ont proposés de la refaire avec eux . Je ne sais plus pour quelle raison mais ni Marie-Claire , ni Stéphanie n'étaient là . J'y suis allé avec Rémi qui était ravi de faire la fête avec son copain Julien Soulcié .

Afin que la randonnée dure plus longtemps , les Soulcié nous avaient proposé d'arriver la veille et de passer la nuit au camping du Rio Véro . Je me souviens que l'on avait passé une nuit de folie et le lendemain tout le monde était parti à fond très excité .

On est arrivé près du gouffre , on a tous plongé et on s'est retrouvé sur la fameuse petite plage de sable au départ de la ballade .

Et là , Eric , le frère de Michel Soulcié , et un de ces copains ont voulu démarrer par un gros plongeon . Ils sont montés sur un gros rocher , ont sauté sans visibilité dans le petit lac . Et là , catastrophe , il y avait de gros rochers sous l'eau .

Résultat , tous les deux furent incapables de se tenir sur leurs jambes . Il a fallu les traîner dans l'eau pendant toute la journée . A l'intérieur du canyon , il était impossible d'appeler du secours .

Heureusement , l'eau froide à probablement empêché que la blessure ne s'aggrave car Eric s'était cassé la malléole et à la fin de l'après midi , elle était remontée jusqu'au mollet .

C'est tout de même un sacré gaillard car , il est resté très serein et joyeux pendant toute la journée . Le soir arrivé au village de montagne , il nous a dit que sa blessure pouvait attendre . Il a fait la fête avec nous et n'est allé voir son docteur que le surlendemain .

Sa jambe s'était enflée et on lui a dit qu'il était à deux doigts d'être amputé .

Sacré Eric , un peu fou mais il a eu beaucoup de chance .

 

1985 L'Ouzbekistan

 

 

Un autre souvenir m'avait beaucoup amusé à propos de Stéphanie .

Je ne me souviens plus de l'année , elle devait être au CP ou au CE1 . Je lui faisais réviser la fable de La Fontaine , la Cigale et la Fourmi et pour m'amuser , elle la récitait en me faisant des grimaces et en prenant des poses ce qui m'avait donné l'idée d'utiliser notre toute nouvelle camera vidéo qui nous permettait enfin d'enregistrer l'image et le son . Le résultat avait donné une des meilleures vidéo de famille . J'étais très fier du résultat .

Malheureusement , elle était mémorisée sur une de ces grosses cassettes VHS qui nous permettaient d'enregistrer des émissions à la télé et un jour par erreur , j'ai réenregistré un film sur la vidéo de la cigale et la fourmi . Et c'est ainsi que j'ai perdu l'enregistrement de ce moment unique . Je m'en veux encore aujourd'hui .

J'ai quelques années plus tard , réalisé une vidéo selon le même principe avec Manon qui me racontait le petit chaperon rouge mais celle là , je ne l'ai pas effacé .

 

Grâce à mon poste chez Matra , notre situation financière s'était améliorée et nous avons envisagé d'agrandir notre maison .

Mes parents venaient de vendre leur immeuble de Blagnac qui leur servait jusqu'alors de complément de retraite et avaient décidé de remplacer leurs loyers par des revenus financiers .

Ils nous ont fait un prêt à taux zéro sur dix ans qui à cette époque était très avantageux .

On a pu ainsi augmenter la surface de notre maison qui est passée de 90 m2 à 130 m2 .

On a agrandit le salon en supprimant une chambre au rez de chaussée et bâtit un étage avec deux chambres et une deuxième salle de bain .

Il a fallu casser des cloisons , monter un étage , percer le plafond pour installer un escalier et refaire une nouvelle toiture .

On a continué à habiter dans la maison pendant toute la durée des travaux ce qui a obligé Marie-Claire a enlever tous les soirs les traces de poussières et de ciment .

Pour faire ces travaux , on avait suivi les conseils du promoteur qui avait réalisé notre lotissement et on avait choisi deux portugais pour la maçonnerie et le dessinateur qui avait réalisé les plans initiaux .

Malheureusement , le dessinateur a fait une erreur et les portugais nous ont expliqué , alors que le gros œuvre était pratiquement terminé que les fenêtres des chambres du premier étage seraient trop basses , pratiquement au niveau du plancher .

Nous n'avions pas les moyens financiers de remonter la toiture et nous avions approuvé le plan initial . Gros moment de déprime .

Finalement , les portugais nous proposèrent , au lieu de surélever le plafond , d'abaisser le plancher en diminuant , la taille des poutres qui de ce fait ont eu tendance à osciller légèrement .

Et tout s'est bien terminé .

 

C'est aussi cet année là , que , grâce au comité d'entreprise de Matra , nous sommes allés visités l'Ouzbékistan qui était encore un état rattaché à l'URSS de Gorbatchev .

Nous n'avons pas pris les enfants avec nous estimant qu'ils étaient trop jeunes . D'ailleurs , aucun des participants n'était accompagné d'enfants .

Ce fut un superbe voyage dans un pays extraordinaire , au centre de l'Asie continentale avec des températures extrême pouvant passer de – 20 degrés l'hiver à + 45 l'été .

Nous y sommes allés au mois de Mai 1985 , la température était chaude et agréable . Nous avons commencé le voyage par un cours séjour à Moscou avec visite de la place rouge et de la basilique

Basile le Bienheureux qui ressemble à un gâteau . On avait aussi visité le Goum , le fameux magasin , le métro de l'époque de Staline assez extraordinaire et l'immeuble du KGB mais ce dont je me souviens le plus c'était l'ambiance de notre hôtel avec à chaque étage , une personne qui surveillait les allers et venues des voyageurs . On se serait cru dans un roman de John Le Carré . C'est vrai que l'on était encore à l'époque de la guerre froide .

En tout cas tout cela nous mettait mal à l'aise et l'on trouvait Moscou très triste . Puis on a pris un vol pour l'Ouzbékistan . Je me souviens que l'on nous avait servi du caviar dans l'avion .

Avec l'arrivée à Samarcande , changement d'ambiance , on s'est retrouvé transporté comme dans un rêve , sur la route de la soie à l'époque de Marco Polo avec ses mosquées , ses medersas ornés de faïence du XVe siècle . Une pure merveille .

A côté de l'architecture et des splendeurs du passé , nous avons été particulièrement impressionné par les couleurs et les odeurs des marchés orientaux emplis de produits de toutes sortes et peuplés d'une foule mélangée de qui allait des blondes slaves telles des walkyries , jusqu'aux Kirghizes , des mongols imberbes aux yeux extrêmement bridés , en passant par les Afghans aux visages émaciés et aux barbes impressionnantes et les ouzbèques à mi chemin entre les asiatiques et les persans .

On avait été très surpris de voir, dans les boîtes de nuit , tous ces jeunes d'origines si diverses flirtant et dansant ensemble sur des airs américains .

De temps en temps , les filles modifiaient leurs chorégraphies dans un mélange très gracieux de danse slave et orientale , typique selon notre guide de la culture ouzbèque .

Je me souviens aussi , lors de la visite d'un petit village , de la longue conversation que j'avais eu avec trois petits vieux . Je m'étais installé avec eux sur la place principale .

Ils fumaient , comme partout en Orient., probablement une sorte de tabac dans des narguilés ,

Ils portaient tous le fameux petit bonnet noir typique du pays et au lieu d'être assis dans des fauteuils , ils étaient installés sur une sorte de lit . Il y en avait partout dans les rues .

On nous a raconté que , comme les nuits étaient très chaudes , ils préféraient dormir dans la rue .

Ils m'avaient invité à boire un thé à la menthe très chaud qui était très agréable car avec ces fortes chaleurs les boissons fraîches étaient déconseillés à cause de la tourista ,

Ils ne parlaient que l'ouzbèque mais cela ne m'avait pas dérangé car depuis mes vacances en Grèce , j'avais pris l'habitude de parler à des étrangers en utilisant mes mains .

On a commencé comme d'habitude à se présenter et à donner nos noms et prénoms mais ensuite ce fut plus difficile . On parlait beaucoup mais on ne se comprenait pas .

Puis arriva la question traditionnelle : Vous habitez dans quel pays et là , impossible de me faire comprendre .

La conversation dura environ un heure , jusqu'à ce que je prononce le mot magique pour l'époque , De Gaule . Ah ! De Gaule ! Galli . J'ai enfin compris que pour les oubèques les français se nommaient les gallis .

Je me souviens que les autres membres de notre groupe , m'avaient regardé de loin en se disant mais comment fait-il pour parler avec eux .

A cette époque , les soviétiques avaient beaucoup de mal à obtenir des produits occidentaux et on nous avait conseillé avant le départ d'amener avec nous quelques objets pour faire du troc .

Je me souviens que Marie-Claire avait apporté des bas et des collants synthétiques .

Un jour dans un magasin , elle proposa une paire de bas à une vendeuse , aussitôt ce fut l'émeute . Toutes les vendeuses et mêmes les clientes voulaient acheter ses bas . Marie-Claire a écoulé tout son stock en quelques minute . Je me souviens qu'une vendeuse a même pris de l'argent dans sa caisse pour la payer .

Et un gars de notre bande qui proposait des blue jeans a même été obligé de vendre celui qu'il portait . Il est revenu dans notre car en slip .

Un autre jour à Boukhara , Marie-Claire avait flashé sur un très beau tapis en soie qui coûtait une fortune . J'avais proposé au marchand de le lui échanger contre une petite calculette électronique .

Il était très intéressé car il y en avait très peu chez eux . Pour nous cela ne valait presque rien . J'étais très fier de mon troc . Mais pendant qu' une vendeuse nous enveloppait le tapis , une autre nous demanda où se trouvait les panneaux solaires et ont leur expliqua que la calculette fonctionnait avec des piles . Or les piles étaient très chères en Russie car très rares .

Ils utilisaient des batteries rechargeables . Le marchand récupéra son tapis et me rendit la calculette .

A côté de cela les russes étaient très sympathiques et très fêtards . Je me souviens d'une après midi où l'on avait rencontré un groupe de russes qui nous avait proposé de festoyer avec eux . Festoyer cela voulait dire , danser et boire à la bouteille d'énorme quantité de vodka . Les hommes mais aussi les femmes en buvaient comme nous buvions de l'eau .

Heureusement que l'on n'est pas rester trop longtemps dans ce pays car je ne sais dans quel état on serait revenu .

Je me souviens d'une soirée sur la terrasse panoramique d'un restaurant situé au sommet d'une tour qui dominait Samarcande . On avait mangé , bu et dansé avec les russes toute la nuit .

Envoûte par la chaleur du soir et aussi par la vodka , j'avais l'impression en voyant à nos pieds les lumières de cette ville d'Orient que j'étais Ali Baba sur mon tapi volant .

Mais le lendemain tout était redevenu normal grâce au kéfir , le yaourt du coin recommandé par notre guide pour la gueule de bois .

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Les premières années Matra

 

 

 

Si notre vie familiale s'écoulait paisiblement , il y eut tout de même en 1980 un changement notable dans ma vie professionnelle . C'est l'année où j'ai quitté Airbus pour rejoindre Matra qui décentralisait à Toulouse son usine spatiale .

C'est aussi cette année là que l'on a emmené Rémi au ski pour la première fois . C'était à la Foux d'Alos avec Louisette , Roger et Sandrine .

Je me souviens que l'on avait eu une petite frayeur cette semaine là car Rémi s'était laissé emporter par la pente et était tombé dans un petit ruisseau .

C'est aussi à cette année là que Papi et Mamie ont pris leur retraite .

Papi a terminé sa carrière chez les sapeurs pompiers de Toulouse avec le grade de capitaine .

Il aurait pu partir plus tôt mais il avait préféré attendre le départ de Mamie qui travaillait à la comptabilité de la société Toulousaine JET , société qui je crois existe toujours et qui fabrique des sous-vêtements .

Ils ont quitté leur appartement de fonction de la caserne Saint Cyprien et ont décidé de se faire construire une villa .

Eliane aurait préféré qu'ils la construisent près de chez eux à Labège . Vue la manière dont s'est développé après coup cette périphérie de Toulouse , cela aurait été une excellente affaire .

Mais , sur les conseils d'amis , ils ont choisi de s'installer un peu plus loin de Toulouse , à Bérat .

C'est surtout Papi qui avait remarqué que Bérat se trouvait près d'un lac où il espérait aller pêcher et il se voyait terminer sa vie à la campagne .

En fait comme ils avaient toujours vécu en ville ils ont eu beaucoup de mal à s'intégrer dans ce petit village campagnard où les habitants se connaissaient depuis plusieurs générations et ils ont finis par regretter leur décision , surtout Mamie .

Il y eut aussi cette année là , un événement qui nous a beaucoup affecté , la mort accidentelle de notre petite chienne Tina .

Elle s'était bien adaptée au quartier et connaissait tous nos voisins . Elle adorait sortir en courant de la maison , traverser la rue en aboyant fortement pour aller à la rencontre de Jessy , le cocker de nos amis , Nicole et Patrick Boyard .

Or un jour , alors qu'elle sortait brusquement de la maison , elle fut percutée par la voiture d'un autre voisin , le père de Pierre Raya , un copain de Rémi .

Le pauvre Mr Raya avait l'habitude de rouler très lentement car il craignait de provoquer un grave accident avec l'un des nombreux enfants qui jouaient dans le lotissement .

Ce n'était pas de sa faute car Tina s'était soudainement jeté contre sa voiture et a été tuée sur le coup Toute la famille a été fortement accablée . C'était notre première chienne qui nous avait accompagné dans les bons et les mauvais moments de notre vie .

Cela fut aussi très dur pour les enfants . Quant à nous , nous nous sommes consolés en nous disant que Tina était morte comme elle avait vécu , toujours à fond .

Mon transfert chez Matra ne fit pas que modifier mes activités professionnelles , il a aussi fait évoluer les loisirs de notre famille .

L'usine de Toulouse avait recruté énormément de jeunes ingénieurs beaucoup plus sportifs que mes anciens collègues d'Airbus et durant cette époque , nous avons participé à de nombreuses sorties avec le comité d'entreprise , sorties durant lesquelles tous ces ingénieurs sont devenus nos coach , le temps d'un week-end dans les Pyrénées ou d'une semaine dans les Alpes . C'est grâce à certains d'entre eux , Hervé Huchard , Roland Barrau , Christian Médioni et quelques autres que Marie-Claire et moi avons amélioré notre pratique du ski pendant que Rémi , puis Stéphanie passaient leurs étoiles avec de vrais moniteurs de l'ESF .

Mais je dois surtout à ces amis de m'avoir fait découvrir un sport qui démarrait à l'époque et qui m'a procuré énormément de plaisir , la planche à voile .

Je n'ai jamais été un grand sportif et avec la voile je ne suis jamais arrivé au niveau de mes collègues mais j'ai tout de même put atteindre un niveau suffisant pour y prendre énormément de plaisir .

Les planches de l'époque étaient relativement lourdes ce qui fait que l'on pouvait tout en restant immobile se tenir debout .

Pour démarrer , il fallait premièrement monter sur la planche , se lever , rester stable , puis se pencher pour remonter le mât à l'aide d'une corde en laissant la voile flotter dans le sens du vent .

Au début on n'arrêtait pas de tomber à l'eau ce qui fait que Marie-Claire s'est rapidement découragée .

Mais je me suis entêté avec l'impression que j'allais enfin comprendre les mystères de la navigation à voile , sport qui me faisait rêver depuis mon adolescence , à l'époque où je lisait Moby Dick et où je m'imaginais voguant sur un énorme voilier qui partait à la pêche à la baleine dans les mers du Sud .

J'en ai passé des week-end sur tous les lacs autour de Toulouse , à la Ramée , à la Ganguise , à Saint Féréol , à Saint Cricq et sur le lac de Saint Cassien près de Pégomas , à essayer de lever la voile en tirant sur la corde , à tomber à l'eau , à remonter sur la planche , à lever à nouveau le mât de la main gauche , puis à ramener le wishbone de la main droite , à partir en avant pour replonger à nouveau .

Jusqu'au jour où , miracle j'ai réussi à me tenir debout sur la planche et j'ai senti celle-ci commencer

à démarrer tout d'abord doucement puis prendre de la vitesse . Plaisir absolu . On a l'impression de dominer les éléments , de faire corps avec l'eau et le vent . On finit par maîtriser sa vitesse en modifiant l'angle d'attaque de la voile de haut en bas avec la main gauche et de droite à gauche avec la main droite tout en restant solide sur ses jambes .

Mais ensuite , il faut , comme les marins , apprendre à sentir le vent pour pouvoir naviguer , vent arrière , grand largue , au près , au près serré et le plus rapide , celui qui donne le plus de frisson , le vent de travers .

Au début je m'entraînais sur les lacs car lorsque je m'éloignais du bord , je ne savais pas naviguer contre le vent et je me retrouvais très vite sur l'autre rive sans savoir comment revenir . J'étais obligé de retourner à pied en portant ma planche .

Puis j'ai appris à naviguer en mer avec la houle ce qui pose un problème tant que l'on n'a pas démarré . Au bout de quelques semaines j'avais acquis une certaine maîtrise et je me permettais de partir au large en mer .

J'ai essayé d'initier toute la famille mais sans grand succès .

Pour finir avec la planche à voile , une petite aventure .

Chaque quinze août mes parents avaient l'habitude d'emmener toute la famille au restaurant sur l'île de Saint Marguerite en prenant le Ferry depuis Cannes et je leur avais proposé cette année là de les rejoindre avec ma planche . Habitués à mes lubies , ils avaient acquiescé , non sans une certaine inquiétude .

Il y avait très peu de vent . Cela aurait du m'inquiéter car naviguer par vent faible nécessite des compétences que je n'ai jamais eu .

J'avais prévu de les rejoindre en partant au plus prêt de la pointe du Palm beach avec une heure d'avance sur le Ferry mais cela ne fut pas suffisant car lorsque je suis arrivé à bon port , la famille avait quitté le restaurant et était déjà sur le départ .

Sans manger , je suis reparti vers Cannes .

Mais , alors que je me trouvais à mi chemin entre Sainte Marguerite et Saint Honorat , le vent a complètement cessé . Je ne pouvais plus avancer et le courant m'entraînait vers le large .

Grand moment de solitude .

Heureusement vers cinq heures du soir , une jeune fille qui passait près de moi avec un canot à moteur me demanda si je voulait du secours . Elle me lança une corde et me remorqua jusqu'à Cannes . Ce fut ma dernière aventure avec ma planche à voile .

J'ai continué quelques années à naviguer puis j'ai arrêté car les enfants étaient trop petits et Marie-Claire n'était pas suffisamment motivée .

Par la suite mes collègues utilisèrent des planches plus légères et plus rapides pour faire du water start , mais je n'ai jamais su maîtriser cette technique .

Un peu plus tard , les planches à voile ont été remplacées par le kite surf mais j'étais trop vieux pour me lancer . Dommage .

Un peu plus tard en 1982 alors que Stéphanie avait trois ans et Rémi Sept nous sommes partis skier dans les alpes avec Rémi , Fernand et Claudie Marsal et leurs deux enfants .Alain et Franck . Stéphanie était restée à Bérat avec Papi et Mamie .

On avait emmené Virginie , la fille de nos voisins qui je me souviens avait flirté avec le fils aîné des Marsal ce qui nous avait amusé .

Le grand événement de 1982 fut le mariage de Thierry et Eliane à Lavaur .

Comme d'habitude ce fut une fête superbe avec toute la famille . Je me souviens que Stéphanie avait une longue robe blanche comme une mariée et un jolie chapeau de paille .

C'est aussi cet année là , que la société Matra avait organisé une journée portes ouvertes réservée aux familles des employés , pour qu'ils puissent voir nos conditions de travail qui étaient très agréables et visiter les salles blanches où l'on intégrait les satellites .

Et pour que les enfants ne s'ennuient pas trop en regardant les ordinateurs qui nous permettaient de tester les satellites j'avais décidé avec les collègues de mon service d'y installer des jeux vidéos .

C'était l'époque où les ordinateurs commençaient à pénétrer dans les maisons familiales avec justement les premiers jeux vidéos .

Je me souviens que Rémi avait passé toute l'après midi à faire des parties de tennis sur un de nos ordinateurs et qu'il m'avait dit en partant que mon travail était chouette car je pouvais jouer toute la journée .

J'ai un autre souvenir de cette année , les débuts de Stéphanie pédalant sur son petit tricycle dans le couloir ou entre les meubles .

Et aussi dans la rue où elle poursuivait à toute vitesse son frère qui lui pédalait fièrement sur son nouveau vélo sans petite roues .

Avec Rémi , je me souviens d'un autre événement moins glorieux .

Je jouais avec lui dans la rue devant notre maison et je voulais l'entraîner à jouer au football .

En shootant de toute mes forces mon pied à heurté l'asphalte et je me suis fracturé le gros orteil droit . Pendant trois mois j'ai été obligé de marcher avec un plâtre et une canne .

Pour travailler à mon bureau cela ne me posait pas de gros problème mais comme je ne pouvais pas conduire , Papi venait deux fois par jour de Bérat pour m'emmener chez Matra .

Au cours de l'hiver 83, nous sommes partis skier dans les Alpes avec mes copains de Matra .

Le voyage en bus était assez long et pour nous faire patienter on avait regardé le film Les bronzés font du ski .

On était heureux à l'idée de skier pendant une semaine entière mais on a eu un problème .

Il a neigé énormément cette semaine là . La neige recouvrait les voitures sur les parkings .

Chaque jour on enlevait la neige mais elle se redéposait toutes les nuits .

Le drame c'est que , comme il y avait trop de neige sur les pistes , la station était fermée .

Je me souviens que l'on n'avait pu skier que le premier et le dernier jour .

On avait passé le reste de la semaine à jouer au tarot .

C'est aussi en 1983 que Rémi puis plus tard Stéphanie ont commencé les entraînements aux patins à roulettes .

Il n'y avait que deux clubs autour de Toulouse où l'on pouvait pratiquer ce sport , Blagnac et Pibrac .

Rémi a acquis très rapidement un bon niveau ce qui lui a permis de participer à des compétitions de course sur pistes .

Ils étaient une vingtaine à se lancer sur les circuits comme des fous , n'hésitant pas à se bousculer et même à se faire tomber dans les virages pour arriver à passer la ligne en premier . Je me souviens que la compétition était féroce , surtout avec son copain Pierre qui essayait toujours de l'empêcher de le doubler .

Une année , alors que Rémi était poussin , nous l'avons accompagné à Valence d'Agen où il a participé à la finale du championnat de la ligue des Pyrénées et il a gagné la compétition .

D'habitude , il était plutôt deuxième ou troisième mais ce jour là , il passa la ligne en tête .

Il faut reconnaître que Rémi a toujours eu beaucoup de chance .

Tous les champions de ligue étaient sélectionnés pour les championnats de France exceptés les poussins .

Dommage on aurait bien aimé l'y accompagner .

Rémi a finalement , arrêté le patin à roulette et un peu plus tard le Tennis ainsi que le piano , pour pouvoir suivre ses copains au football .

Au football , il avait de bonnes disposition mais il y avait beaucoup plus de compétiteurs et finalement au bout de quelques années , il a décidé de de cesser toutes ses activités .

A cette époque Rémi était un touche à tout avec des capacité mais très peu de passion , excepté pour le Théâtre mais ça c'est une autre histoire .

 

Avec Stéphanie , c'était différent .

Au début elle pratiqua les mêmes activités que son frère , patin à roulettes , tennis et ski où elle montra de bonnes aptitudes et obtint des résultats assez équivalents mais avec beaucoup plus de discrétion puis avec l'âge et l'affirmation de sa personnalité , elle s'orienta vers la danse et le piano , discipline qui demandait beaucoup plus de ténacité .

Vers 14 ans , elle s'est passionnée pour le piano grâce à sa professeur, madame Van Den Bush une dame retraitée très chaleureuse qui , je crois avait passé une grande partie de sa vie en Asie ou en Afrique .

Une fois par an , à la fin des cours elle organisait une petite fête dans sa villa où chacune de ses élèves exécutait ou massacrait à tour de rôle son morceau .

Et cela se terminait par une petite collation qui donnait à cette soirée un caractère un peu désuet mais chaleureux et sympathique .

A partir de l'été 1983 , il y eut un grand changement concernant nos vacances à Pégomas .

Avant cette date , nos sorties balnéaires matinales suivaient un rituel immuable ,

Vers dix heures du matin , toute la famille embarquait dans une ou plusieurs voitures pour le traditionnel bain de mer .

Pour retrouver nos amis nous avions l'habitude de stationner toujours au même endroit sur l'avenue qui longeaient la plage entre La Napoule et Cannes la Bocca .

Nous garions sans trop de problèmes nos voitures , les unes derrière les autres ,

Mais au fil des années , avec l'accroissement du nombre de vacanciers et de voitures , on avait de plus en plus de difficultés à trouver des places proches de notre point de ralliement .

On a commencé par se garer de plus en plus loin et à perdre de plus en plus de temps pour rejoindre à pied notre emplacement .

Et à partir de l'été 82 , il nous arrivait fréquemment de ne plus trouver de place pour se garer et de revenir à la maison sans s'être baigné .

C'est pour cette raison que Pépé a décidé de faire construire une piscine .

Au début ce fut une petite piscine hors d'eau de deux mètres de diamètre et ensuite une piscine en dur de dix mètres sur cinq .C'était la première fois que l'on avait une piscine privé dans la famille .

Tous les enfants y ont appris à nager . Que de souvenirs autour de cette piscine !

Je revois Pépé sur sa chaise surveillant Sandrine , Rémi et Stéphanie , Mémé poursuivant l'un deux qui avait fait une bêtise , les concours de plongeons avec Véronique , Louisette et Marie Claire , les jeux de ballons , Pépé , Thierry et moi imitant Aldo Macione autour de la piscine comme dans le film de Lelouch , l'aventure c'est l'aventure .

Je me souviens aussi du jeu Hulk . Je criais aux enfants que j'étais devenu l'abominable Hulk  , je ne devenais pas vert comme dans la série télévisée mais avec un cri de rage , je les poursuivais dans l'eau , les agrippais et les projetais le plus loin possible . Je dois noter que ce jeu est devenu une tradition familiale puisque encore aujourd'hui nos enfants jouent à Hulk avec leurs propres enfants .

Toujours à Pégomas , je me souviens des parties de Rami avec toute la famille et des soirées où je jouais au jeu de GO avec Roger .

Et aussi d'une sortie dans le Tanneron où l'on avait pique-niqué dans la forêt avec toute la famille et on s'était trouvé entouré par un vingtaine de sangliers sauvages .

Mes parents qui les avaient déjà rencontrée nous avaient dit de ne pas nous inquiéter et de fait ils s'étaient rapprochés de nous pour nous réclamer de la nourriture puis étaient partis tranquillement .

Coté Pibrac , je me souviens des fêtes de fin d'année scolaire .

Tout d'abord la fête de la gymnastique de Marie-Claire . Elle était costumée en écossaise avec une robe kilt , un béret rouge et des pompons .

Je me souviens particulièrement de cette fête parce que j'avais dansé en tenant probablement pour la première fois Stéphanie dans mes bras .

Et bien sûr il y avait la traditionnelle fête des écoles avec Stéphanie déguisée avec une jolie robe blanche et un chapeau chinois . Rémi lui était déguisé en roi Dagobert .

 

Avec l'âge , nous avons modifié notre manière de voyager .

Jusque là , nous partions avec Marie-Claire sans avoir planifié nos voyages , nous laissant guider au rythme de nos rencontres et de nos envies .

Avec Matra , nous sommes devenus plus bourgeois . On a profité des moyens du Comité d'entreprise et privilégié les voyages organisés .

Cela nous permettait de faire des voyages à prix réduits , avec beaucoup plus de confort .

On logeait dans des hôtels luxueux et on se déplaçait en avion ce qui avait l'avantage de réduire les durées de déplacement car depuis que j'avais quitté l'enseignement je n'avais plus autant de jours de vacances .

Notre premier voyage nous emmena en Sicile en Avril 1983.

Nous étions partis sans Rémi ni Stéphanie qui avait alors huit et cinq ans .

Papi et Mami étaient venu habiter chez nous pour les garder pendant la durée de notre voyage ..

Je me souviens qu'il y avait dans notre groupe un grand nombre de secrétaires de Matra et très peu d'hommes . Elles étaient pour la plus part jeunes , jolies et célibataires ce qui fait que partout où l'on passait les siciliens étaient en ébullition . Elles les aguichaient à l'arrière de notre bus et on était en permanence accompagné par une multitude de jeunes célibataires qui nous poursuivaient en scooter d'hôtels en hôtels ce qui amusait particulièrement Marie-Claire qui s'était pris d'amitié avec quelques unes d'entre elles .

On avait visité les principaux sites touristiques de Sicile , Taormine , Cefalù et Syracuse , escaladé les pentes de l'Etna qui était en légère éruption et admiré les sites Romains de Selimonte et Agrigente qui nous avait paru moins impressionnant que les sites grecs .

Mais ce qui nous avait le plus étonné c'était le côté mafieux de la Sicile autour de Palerme .

Je me souviens encore de notre visite des catacombes du couvent des capucins avec tous ces cranes empilés mais surtout les momies accrochés le long des murs . Elles avaient conservé leur cheveux et étaient habillées . On se serait cru dans un film d'horreur . Je me souviens de la momie très bien conservée d'une petite fille qui nous a fait faire des cauchemars . Je ne conseille pas cette visite .

Mais à part ce site nous avions beaucoup apprécié ce voyage .

 

Côté sport , dès notre installation à Pibrac Marie-Claire avait rejoint un groupe de gymnastique volontaire . C' est là qu'elle a rencontré ses futures grandes amis Geneviève Proust , Anne Dietch , Régine Méral et Conchita Lion , Amis avec lesquelles elles continue encore aujourd'hui la gymnastique .

A mon arrivée à Pibrac j'ai arrêté mes courses à bicyclette avec mes anciens collègues de l'Aérospatiale , préférant le footing dans la forêt de Bouconne avec Marie-Claire et nos voisins et voisines , Patrick , Nicole et Suzanne . Tous les samedi je partais , soit seul , soit en groupe pour une ballade en forêt d'environ un heure .

Il y avait aussi bien sûr , le ski , la natation et la planche à voile .

 

C'est aussi cette année là que l'on a repris plus sérieusement les randos en montagne .

A ce sujet une aventure qui aurait pu mal se terminer .

En faisant du footing avec Nicole Boyard , on avait émis l'idée de faire avec tous nos voisins une ballade dans les Pyrénées .

Serge sur les conseils de ses copains nous avait suggéré une randonnée jusqu'au lac de Migouélou près d'Artouste dans les Hautes Pyrénées .

Sur le papier elle durait environ deux à trois heures et paraissait assez facile pour des débutants comme nous .

Je me souviens qu'avec Marie-Claire nous avions acheté pour l'occasion de superbes chaussures de montagnes . Les miennes étaient particulièrement solides mais je m'en suis aperçu ensuite très lourdes .

Vers dix heures du matin , nous avons démarré l'ascension vers le lac de Migouélou .

Avec , toutefois , une certaine appréhension car nous étions tous des apprentis montagnards ,

On était au milieu du mois de juillet et la météo nous avait indiqué que le temps serait splendide .

J'avais par prudence acheté une carte IGN au cas où on se serait égaré .

La montée se déroula sans aucun problème . Aucun de nous n'était essoufflé et à notre grande surprise nous sommes arrivés à destination vers midi . La vue était magnifique . On s'est reposé quelques temps et après s'être restauré , on s'est préparé à redescendre .

Mais Nicole et moi étions un peu frustrés  . La montée avait été trop rapide à notre goût et la montagne autour de nous était si belle .

On a proposé à la bande de continuer un peu l'ascension .

Les quatre autres étaient partisans de redescendre par le même chemin .

En regardant la carte j'avais remarqué qu'il y avait un autre sentier qui en contournant un sommet nous ramenait à notre point de départ . Je leur proposais de le prendre .

Comme personne n'était d'accord nous avons pris conseil auprès d'un berger qui passait près de nous .Je lui ai montré la carte et il nous a affirmé qu'il nous faudrait environ une heure de plus pour atteindre nos voitures par ce chemin . Il était une heure de l'après midi , Nous arriverions vers quatre heures . Tous le monde fut d'accord et nous sommes repartis .

J'ai appris plus tard à lire une carte de montagne et par exemple que lorsque le trajet était signalé en pointillé cela voulait dire que le parcours était très difficile , peu balisé et réservé à des montagnards aguerris .

J'ai appris aussi plus tard par des collègues de Matra beaucoup plus expérimentés que moi que les montagnards mettaient deux jours pour réaliser cette descente et encore en hiver car la neige recouvrait les énormes roches qui se trouvaient sur le chemin .

Car on a fait ce jour là , la pire ballade de notre vie .

On n'a pas eu de problèmes d'orientation car le chemin était tout tracé entre deux gigantesques parois mais dès que l'on se trouvait à l'intérieur , il n'y avait qu'une possibilité , il fallait continuer jusqu'au bout .

Je me souviens que l'on marchait au fond d'une vallée entourée par deux profondes murailles de plus de trois cent mètres de hauteur .Et cette vallée était remplie de rochers énormes d'environ deux mètres de diamètres qu'il fallait escalader .

C'était une épreuve très physique . Marie-Claire et les copines qui faisaient beaucoup de gymnastique toute l'année n'eurent pas trop de problèmes . Mais pour moi , handicapé par mes lourdes chaussures et mon manque d'entraînement , ce fut l'enfer .

J'avais des crampes à tous les mollets . Je me souviens que je n'arrivais plus à escalader les rochets .

A un moment j'ai levé les yeux vers le ciel et j'ai remarqué sur les hauteurs à cent mètres au dessus de moi , un mouflon , suspendu à la paroi qui me regardait , il me semblait avec moquerie . Le trajet s'éternisait , on ne voyait pas le bout du chemin . Puis on a été rattrapé par la nuit . Par chance , il n' a pas plu et il y avait une pleine lune cette nuit là ce qui nous a permis de ne pas nous égarer . Finalement , au lieu de d'arriver comme prévue à quatre heures de l'après midi , on est arrivé à dix heures du soir .

On a pu rejoindre nos voitures , très fatigués mais sain et sauf .

Mais ce fut tout de même une belle aventure .

 

Chaque années Noël était la période la plus attendue par les enfants avec la réception des cadeaux qui avaient lieu successivement à Pibrac , à Labège et à Bérat .

Pour nous , avec le recul du temps ces moments de bonheur se ressemblent tous et il est difficile de se souvenir d'un événement particulier . Mais que c'était merveilleux .

Je me souviens qu'en février 1984, nous avions loué pour le ski , un petit appartement à Bonascre avec Papi , Mamie et Cannelle .

Et oui , je l'avais oublié mais quelques mois auparavant la famille s'était agrandi .

Un matin nous étions allé à Toulouse près de Compans Caffarelli où se tenait un marché aux chiens .

Et c'est là que toute la famille a craqué devant deux petits caniches abricots .

Le choix s'est porté sur la plus jolie . Vue sa couleur nous l'avons appelé Cannelle . Avec son caractère très doux elle était très différente de Tina mais elle a été tout de suite adopté par les enfants .

Cette petite boule de poils beige a aussi rapidement fait la conquête de sa voisine Jessy la chienne des Boyard , un cocker tout fou .

Elle était aussi très inquiète lorsque Papi , Mamie , Eliane et Serge venait nous voir car ils amenaient avec eux leurs deux énormes boxers qui n'arrêtaient pas de baver et de la bousculer .

 

En 1984 Rémi arrêta les compétitions de patins à roulettes pour jouer au football avec ses copains de Pibrac . On l'accompagnait lors des matchs le samedi .

Le seul souvenir que j'ai retenu de cette époque concerne l'ambiance déplorable de ces matchs .

On aurait pu penser que la seule motivation des parents et des entraîneurs aurait été de voir que leurs enfants prenaient du plaisir à jouer mais pas du tout .

Ils se comportaient à chaque match comme s'ils appartenaient à une équipe de professionnels .

Les parents faisaient souvent offices d'arbitres pendant les matchs .

J'ai assisté à des situations effarantes avec des décisions toujours à l'avantage de leur équipe .

Par exemple un arbitre décidant un penalty alors que la faute avait eu lieu au milieu du terrain . Mais ce qui m'avait le plus choqué s'était de voir , à l'entraînement , les coachs expliquer aux jeunes poussins qu'il fallait se laisser tomber lorsqu'on se trouvait dans la surface de réparation pour obtenir un penalty .

Ou retenir l'adversaire par le maillot en le faisant discrètement pour ne pas que l'arbitre le remarque Rémi , lui ne se rendait pas compte de tout ça , il prenait du plaisir et était un assez bon joueur .

Et pendant ce temps , Stéphanie , telle la tortue de la fable , continuait sans bruit ses leçons de tennis, de gymnastique et de danse sous le regard amoureux de son petit copain et voisin Fabien Bregeron .

 

Toujours cette année là , nous fîmes une acquisition qui a fortement modifié nos loisirs .

Au cours de nos voyages à l'étranger nous avions souvent rencontré d' énormes camping cars et j'avais alors envié leur propriétaire , surtout lorsque nous étions confinés dans notre petite tente par des nuits d'orage ou lorsqu'on les voyait stationner fièrement face à la mer .

Or , cette année là , mon ami Jean Méral m'informa qu'il voulait vendre son camping car pour s'en acheter un plus moderne . Jean était à l'époque le doyen de la faculté de lettres de Toulouse .

Comme tous les enseignants il avait beaucoup de congés et il partait régulièrement sur les routes de France et d'Europe avec son épouse Régine .

Le camping car à vendre était un Ford Transit diesel qu'il avait lui-même aménagé en camping car . Je le trouvais magnifique avec son coin cuisine avec frigidaire , évier et réchaud à gaz , des toilettes , une salle à manger convertible le soir en chambre à coucher .

Et la possibilité de transformer le siège avant en un lit pour enfant .

Comme il n'y avait pas assez de places pour coucher à quattre , on a décidé de ne l'utiliser que durant la journée .

En roulant , on installait le camping car en position chambre à coucher , ce qui était normalement interdit mais qui ravissaient Rémi et Stéphanie car ils pouvaient jouer sur le lit pendant tout le voyage .

Il faut dire qu'il n'y avait pas à l'époque de tablettes ni de jeux vidéo dans les voitures pour occuper les enfants .

Le moteur diesel était relativement vieux et dégageait une fumée noire avec une forte odeur , surtout en montagne , ce qui incommodait nos voisins et nous faisait remarquer .

J'ai quelques souvenirs avec ce camping car .

Tout d'abord , les ballades au bord de la mer et surtout les dimanches à la montagne .

On pouvait s'installer et manger prés des pistes ce qui nous permettait d'économiser le restaurant .

Après le ski , les enfants pouvaient se reposer et même dormir dans un vrai lit pendant le voyage .

Mais c'était parfois plus rock n' roll .

A ce sujet , je me souviens de la première fois où on l'avait utilisé pour aller à Pégomas ,

on avait failli tomber en panne sur l'autoroute .

Comme d'habitude j'étais optimiste et je pensais que nous pourrions arrivé à Pégomas avec un seul plein mais en haut d'une côte , le moteur commença à avoir des ratées et a calé .

Heureusement avec l'élan , le camping car a pu atteindre le sommet et de là , nous sommes arrivés en roue libre jusqu'à une station service qui heureusement se trouvait au bout de la descente.

Marie-Claire n'était pas très contente car elle se rappelait qu'une autre fois , avec notre voiture , je l'avais laissée sur le bord de l'autoroute avec les enfants pour aller chercher de l'essence en auto stop .Une autre fois , toujours sur la route de Pégomas  , nous sommes tombés en panne et il a fallu se faire remorquer .

En fait le moteur était assez vieux et lorsqu'on partait on n'était pas toujours très rassuré , surtout Marie-Claire .

Je me souviens aussi d'une autre aventure plus cocasse .

Nous étions partis en ballade dans l'Aveyron avec notre bande d'anciens de l'Aérospatiale , les Firtion , les Marsal , les Bessière , les Borrel , les Rouquiére , les Cayla , les Bourdel , les Chabanne et tous leurs enfants .

On avait garé nos voitures et notre camping car près d'une forêt pour pique-niquer .

Je me souviens que cette forêt était séparée de notre aire de pique nique par un haut grillage .

Tout à coup , un énorme sanglier sortit de la forêt et se rapprocha de nous .

Toute la bande commença à paniquer mais très rapidement , après avoir constaté que le sanglier se trouvait de l'autre côté du grillage , nous fumes tranquillisés et l 'on se mit à l'examiner fièrement .

Mais le sanglier trouva un passage sous le grillage et se rapprocha de nous .

Tout le monde prit la fuite mais , au bout de quelques minutes , on s'aperçut que le sanglier qui devait avoir l'habitude de rencontrer des promeneurs dans cette zone de la forêt , s'approchait de nous pour chercher quelque chose à manger .

Rassurés , on est tous revenu près de lui , on lui a donné à manger et je me souviens qu'au bout de quelques minutes , le sanglier était allongé par terre et les enfants le caressaient .

Je me souviens aussi que l'on a été obligé de fermer la porte arrière du camping car pour l'empêcher de monter car il cherchait encore de la nourriture .

Il s'en est fallu de peu qu'on le ramène à la maison .

 

Côté fêtes , cette année là , il y eut la communion de Rémi et la traditionnelle fête des écoles de la Salle .

Un autre souvenir , la randonnée que l'on avait programmée avec notre bande de l'Aérospatiale dans les vallées du Lot et de la Truyère .

Nous logions dans un gite près d'un village perdu , le Fel , entre Entraygues et Estaing .

On était vraiment dans la France profonde . On passait des journées entière sans voir âme qui vive , crapahutant dans des forêts profondes et des gorges sublimes mais un peu inquiétantes .

Je dis inquiétantes parce que je me souviens que l'on avait vu au cinéma quelques temps auparavant

le film Délivrance qui racontait l'aventure de quatre citadins new-yorkais partis comme nous à l'aventure dans une contrée sauvage des Etats Unis et qui avaient été agressés par des êtres complètement débiles .

Et , il faut dire que nous n'avons pas rencontré beaucoup de monde au cours de cette randonnée , si ce n'est une famille vraiment bizarre .

Ils vivaient dans une cabane , bâtie à l'intérieur d'une grotte . Il y avait des chèvres et des cochons qui logeaient avec eux .

Je pense qu'ils ne devaient pas voir beaucoup de monde tous les jours et certains hommes de la famille paraissaient tout à fait débiles et regardaient nos épouses avec un air bestial .

Mais ces gens là , bien qu'on n'ait pas toujours très bien compris leur langage , se révélèrent très sympathiques .

Ils nous invitèrent à l'intérieur de leur étrange logis et nous offrirent un vin , un peu piquet mais agréable dans verres si sales qu'aucune des filles ne voulut en boire .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lorsque l'enfant parait

 

 

Notre vie se déroulait ainsi , calme et sereine mais il nous manquait tout de même quelque chose .

Depuis le décès de Denis , notre vie n'était pas aussi rose .

On essayait de ne pas trop y penser mais chaque mois on attendait la bonne nouvelle qui n'arrivait pas . On a pensé un temps que Marie-Claire était peut être bloquée psychologiquement mais contrairement à moi elle paraissait confiante .

Un jour , sur les conseils de notre copine Martine Parant elle alla consulté son père qui était médecin généraliste à Toulouse et qui avait souvent traité des patients aussi angoissés que nous .

Il lui proposa un traitement pour la débloquer psychologiquement . Je me souviens du nom de ce médicament , Ondogine . On parlait à l'époque des bébés Ondogine .

Et le miracle eut lieu , Quelques mois après , Marie-Claire m'annonça qu'elle était enceinte .

Elle décida de changer de gynécologue et choisit le docteur Finkeltin que dès le début elle trouva très compétent et surtout très chaleureux .

Elle était radieuse et dès cet instant et jusqu'à l'accouchement fut très confiante dans le déroulement de sa grossesse .

Moi , je dois reconnaître que j'ai toujours eu la crainte que nos malheurs réapparaissent .

Je ne suis redevenu optimiste et confiant en notre bonne étoile qu'à la naissance de Rémi et surtout à l'arrivée de Stéphanie .

Cependant , dès le début , nous avons encore eu quelques frayeurs car Marie-Claire , sur les conseils de son gynécologue a du prendre 3 mois de congés pour ne pas risquer de perdre prématurément le bébé .

Pour plus de sécurité , on décida de s'installer chez ses parents à la caserne des pompiers de Saint Cyprien qui était proche de la clinique où Marie-Claire devait accoucher .

C'est durant cette période que nous avons imaginé de devenir propriétaire foncier car cela faisait environ 7 ans que nous étions mariés et nous étions toujours en location .

Il faut savoir que durant ces années , il y avait en France , une inflation très importante , de plus de 10 % par an et je voyais autour de moi à l'Aérospatiale tous mes collègues s'endetter pour faire l'acquisition d'une villa .

Le remboursement mensuel d'un prêt correspondait au double d'un loyer ce qui était considérable .

Mais , comme il y avait une forte inflation , les anciens nous expliquaient que les prix d'achats de l'immobilier allaient fortement augmenter ainsi que les loyers et que nos salaires qui étaient à l'époque indexés sur le coût de la vie , allaient eux aussi augmenter alors que le remboursement de notre prêt resterait constant .

Ce qui fait qu'au bout de quelques années , notre loyer dépasserait le remboursement mensuel du prêt et que nous pourrions ainsi augmenter notre patrimoine à peu de frais en misant sur l'inflation .

Nous avions , comme tous nos amis et collègue , envie de profiter de cette opportunité pour accéder à la propriété mais nous avions un problème spécifique .

Pour emprunter au près d'une banque la somme nécessaire pour faire l'acquisition d'une villa , il fallait un apport personnel correspondant à environ 20 % de la somme totale .

Malheureusement , nous n'avions pas cet apport car on avait vécu jusque là comme des cigales , sans se soucier du lendemain .

On aurait pu demander à nos parents respectifs de nous avancer cette somme mais nous avons préféré nous débrouiller par nous même .

Car on venait d'apprendre qu'un couple de nos amis , Gérard et Madeleine Bongibault venait justement de faire l'acquisition d'une petite villa à Pibrac , sans apport personnel . Cette villa faisait partie d'un nouveau lotissement en cours de réalisation , le hameau de Château Cru .

Nous prîmes contact avec le promoteur qui nous proposa une villa entièrement terminée que nous pouvions occuper tout de suite , soit quelques mois avant l'arrivée de notre bébé .

Marie Claire trouva super l'idée que notre enfant naisse dans notre maison .

Son seul regret était que Pibrac était assez éloigné de son lieu de travail Toulousain alors que moi , j'en étais très proche .Mais , contrairement à aujourd'hui , le trafic était relativement fluide .

Très rapidement nous signèrent l'acte de vente et nous nous installèrent dans notre petite villa .

Cela correspondait à notre septième déménagement en sept ans ,

Mais on était enfin chez nous , avec un prêt qui nous engageait pour 18 ans ce qui à l'époque était beaucoup plus long que la plupart de nos amis dont les prêts étaient en moyenne de 7ans .

La villa était moderne et agréable, nous avions un salon qui donnait sur un jardin de 700 m2 et 3 chambres .

Tout de suite on se plut dans notre lotissement . Il était constitué de 50 villas toutes de constructions récente et habitées par des familles généralement de notre âge .

Très rapidement , nos voisins devinrent nos amis , toujours prêts pour des parties de tennis , des week-end au ski , des ballades à bicyclettes et des footing dans la forêt de Bouconne toute proche et bien sûr des apéros , des repas et des fêtes .

Il y avait parmi nos proches voisins , Nicole et Patrick Boyard et leur fille Virginie , Suzanne et Robert Pozzobon , les Raya et un couple d' homosexuel très sympathique dont j'ai oublié le nom .

Il n'y avait plus qu'à attendre dans la joie , la venue de notre bébé qui arriva , dans la nuit du 21 août 1975 à 4 heures du matin .

Et là j'ai cru un moment revivre , mais je ne l'ai pas dit à Marie-Claire les terribles circonstances de la naissance de Denis .

On est arrivé vers dix heures du soir à la clinique Ambroise Paré qui était située à l'époque sur les allées Charles de Fitte à coté de la caserne des pompiers .

Marie-Claire était , comme durant toute sa grossesse très sereine . Moi j'étais assez inquiet mais je ne voulais pas le lui montrer .

Dès notre arrivée , les sages femmes nous signalèrent que le docteur Finkeltin n'était pas encore arrivé à la clinique .

J'ai cru comprendre qu'il soupait ce soir là chez des amis et que les infirmières ne voulaient le déranger qu'au dernier moment ce qui accentua un peu plus mon angoisse .

Le temps passait , Marie-Claire avait débuté ses contractions qui étaient de plus en plus rapprochées et les infirmières hésitaient toujours à avertir le gynécologue .

Et ce qui devait arriver arriva , c'est une infirmière sage femme qui accoucha Marie-Claire .

Je me souviens que le docteur Finkeltin arriva après la bataille en smoking pour constater que tout s'était bien passé et nous dire simplement que nous avions un très beau bébé .

Marie-Claire qui cette fois n'avait pas été endormie pu profiter pleinement de ces premiers instants .

Elle était fatiguée mais radieuse .

Quant à moi , je n’arrêtais pas d'examiner Rémi sous toutes les coutures , un peu inquiet et j'avais été surpris de constater qu'il souriait déjà .

C'était le début d'un période prolifique pour la famille puisque deux mois après la naissance de Rémi , la cigogne emmenait Laurence chez Eliane et Serge .

Que dire des années qui suivirent la naissance de Rémi .

Je pense que , comme tous les couples qui attendaient impatiemment un premier enfant ce ne fut que des moments de pur bonheur .

On n'arrêtaient pas de le photographier , d'enregistrer ses premiers gazouillis sur notre petit enregistreur de cassettes et de le filmer avec notre petite caméra super 8 .

Des films argentiques qu'il fallait ensuite faire développer par un photographe pour pouvoir les visionner contre un mur à l'aide d'un projecteur , toute une époque .

J'ai plus tard transformé ces films en vidéo puis sur clés USB .

A propos de ces films j'ai un souvenir .

Je voulais enregistrer un instant familial important , le premier bain de Rémi .

J'avais organisé la maison comme si je tournais une production Hollywoodienne  .

Marie-Claire était un peu inquiète car elle ne savait pas comment Rémi allait réagir à son premier bain , On avait acheté une petite baignoire en plastique jaune .

Marie-Claire après avoir tâté l'eau du bain pris Rémi et commença à l'enfoncer doucement dans l'eau tiède . Moi , avec ma caméra , je me prenais déjà pour un grand metteur en scènes .

Au premier contact de l'eau , Rémi eut un petit air angoissé puis regardant sa mère il se rassura .Marie-Claire commença à le savonner doucement mais il fit un mouvement brusque , glissa entre ses mains et se retrouva entièrement sous l'eau. Moi handicapé par ma caméra je n'ai pas pu le retenir . Marie-Claire poussa un cri , ce qui inquiéta légèrement Rémi qui finit par rire aux éclats en nous voyant lui sourire .

Finalement , j'étais assez fier de notre fils qui s'était bien comporté lors de son premier court métrage .

Il allait devenir ,jusqu'à la naissance de sa sœur la vedette principale de tous nos films .

Rémi sur la table à langer , Rémi et son biberon , Rémi et sa maman , son papa , sa Mamie , son Papi , son pépé , sa mémé , avec toute la famille . Il n'y en avait que pour lui . Déjà un artiste .

 

Je n'arrêtais pas de le filmer ce qui était à l'époque un exploit car les caméras n'étaient pas aussi faciles à utiliser que les portables d'aujourd'hui . Les films étaient souvent flous , sur ou sous exposés et l'on ne s'apercevait de la qualité des films que trop tard , lorsque ils revenaient de chez le photographe .

Je me souviens encore d'un autre film à propos de Laurence et Rémi .

Laurence avait deux mois de moins que Rémi mais elle paraissait beaucoup plus grande . Elle mangeait beaucoup plus que lui . Elle était assez grosse avec une bouille ronde et un sourire de Bouddha mais , surtout elle était beaucoup plus forte et je me souviens d'un repas où toute la famille était réunie à la caserne des pompiers , Rémi venait d'avoir un an et il marchait toujours à quatre pattes alors que Laurence qui n'avait que dix mois se tenait déjà solidement sur ses jambes .

On les a mis cote à cote au bout du couloir et je commençais à les filmer .

Laurence trottinait tranquillement devant Rémi qui , pour imiter sa cousine se leva maladroitement sur ses jambes et fit , tel un artiste , ses premiers pas en direct devant la caméra .

Lorsque je regarde les photos et les films de cette époque , je m'aperçois que la vie s'écoulait paisiblement avec les repas de famille à Toulouse et à Pibrac , les Noël chez Papi et Mamie avec Laurence et Rémi , les vacances chez Pépé et Mémé et les premier bains sur la plage de la Napoule avec Rémi , Sandrine , Thierry et Véronique .

Il y eut aussi quelques moments familiaux particuliers comme le baptême de Rémi le jour de Noël , le baptême de Laurence et la communion de Véronique .

Mais je me souviens surtout du mariage de mon cousin Jean-Louis Almon .

Un très beau mariage où l'on avait dansé toute la nuit . On avait installé Rémi dans son couffin car il était encore bébé . Gêné par le bruit et la musique il avait pleuré et crié toute la soirée mais en parents indignes on ne s'étaient que peu occupé de lui . On l'avait juste relégué dans un coin de la salle . On allait le calmer de temps en temps mais je me souviens de sa forte colère ce soir là .

Avec le recul du temps je me console en me rappelant que depuis cette soirée Rémi n'a jamais plus ni crié , ni pleuré à toutes nos fêtes .

Et c'est peut-être ce qui en a fait le fêtard qu'il est aujourd'hui .

Les années s'écoulaient paisibles et heureuses . Mon nouveau travail à l'Atec était beaucoup plus passionnant . Marie-Claire avait pris un peu de recul avec le sien qui avait peu changé .

Elle allait toujours à son laboratoire avec plaisir mais elle gardait toute son énergie et son enthousiasme pour son nouveau métier de maman .

Rémi grandissait et on a tout naturellement pensé agrandir notre famille .

Secrètement et sans oser nous l'avouer nous espérions l'arrivée d'une petite fille .

Et elle est arrivée . Mais alors que la naissance de Rémi s'était déroulée sans problèmes , celle de Stéphanie a été plus problématique .

Déçue par la désinvolture du docteur Finkeltin qui était arrivé bien après l'accouchement de Rémi , Marie-Claire avait decidé de changer de Gynécologue .

Elle avait choisi le docteur Grandjean qui opérait dans une clinique de l'avenue de Muret qui n'existe plus aujourd'hui .

La grossesse s'est bien déroulée excepté lors du troisième mois où Stéphanie faillit partir dans la cuvette des toilettes pour une utilisation inappropriée de suppositoire . Mais je pense qu'elle avait déjà développé son caractère combatif .

Par contre l'accouchement a été épique .

Marie-Claire était impatiente mais Stéphanie prenait son temps si bien qu'un jour le docteur Grandjean lui proposa de provoquer l'accouchement à une date précise .

Nous sommes arrivés à la clinique le 28 mars 1979 vers 11 heures du matin et là le Docteur Grandjean nous expliqua qu'une infirmière allait lui faire une piqûre pour accélérer la venue de Steph .

Comme l'effet ne serait pas immédiat , il avait le temps de rentrer chez lui pour dîner . Ce qu'il fit .

Ce que nous ne savions pas c'est qu'il y avait une autre jeune dame qui était dans le même cas que Marie-Claire et qui avait reçu elle aussi une piqûre .

Ce qui fait qu'entre midi et quatorze heures il y avait dans la clinique , seulement deux jeunes femmes prêtes à accoucher , chacune dans une salle sous la responsabilité d'une seule sage femme .

J' accompagnais Marie-Claire dans la première salle et l'autre jeune femme était seule dans la seconde . L'infirmière passait régulièrement d'une salle à l'autre pour contrôler que tout allait bien .

Mais tout ne se déroula pas exactement selon le plan du docteur Grandjean .

On a supposé après coup que le dosage des piqûres avait été trop fort , ce qui fait que , aux environ de midi et demi , Marie-Claire était proche d'accoucher .

Mais au même instant , comme la personne qui était dans la salle à coté se trouvait dans le même état que Marie-Claire , mais avec un peu d'avance , la sage femme nous a quitté pour procéder à l'accouchement de son bébé .

Je me suis trouvé seul face à Marie-Claire . J'ai même vu la tête de Stéphanie qui apparaissait .

Je ne savais que faire . J'ai essayé de l'empêcher de sortir avec mes mains ce qui parait-il est complètement stupide .

J'étais terrorisé . J'ai hurlé si fort que la sage femme a juste eu le temps de poser le bébé sur le ventre de l'autre personne et est accourue près de Marie-Claire .

Mais là , il y eut encore une complication.

La tête de Stéphanie est apparue toute bleue car elle avait son cordon enroulé autour de son coup . Heureusement , il était suffisamment long et la sage femme a pu le dégager sans être obligé de lui faire une césarienne .

Comme j'étais seul avec elle dans la clinique , je me demande encore comment on s'en serait sortis . Mais c'était notre jour de chance .

J'ai vu le visage de Stéphanie devenir rose et j'ai pu constater qu'elle était déjà magnifique .

Elle n'a pas souri ce jour là . Par contre nous étions à la fois soulagés et aux anges .

Le docteur Grandjean arriva après la bataille .

Il nous confia un peu plus tard qu'il avait eu une des plus grosses frayeurs de sa vie et qu'il avait même envisagé de changer de profession .

Pour moi je suis sûr que cet événement qui aurait pu se terminer en catastrophe , a forgé le caractère de Stéphanie .

J'ai su dès cet instant que notre famille serait protégée par Denis , notre petit ange gardien .

Ce qui fut le cas .

 

Dès la naissance de Stéphanie , Marie-Claire pris une des décisions les plus importantes de sa vie . Elle démissionna de son poste de secrétaire de direction à l'université Paul Sabatier pour s'occuper de ses enfants à temps plein .

Elle ne l'a jamais regretté bien qu'elle aurait pu faire une très belle carrière sachant que lorsqu'elle a quitté le laboratoire elle faisait partie des cadres administratifs les plus diplômés de l'académie .

Nous avons recommencé avec Stéphanie nos séances de photos et de films super 8 mais probablement avec moins d'enthousiasme que pour Rémi . C'est toujours le problème avec les seconds . Stéphanie me l'a souvent reproché .

Nous avons conservé un grand nombre de films dont le fameux premier bain qui cette fois s'est très bien déroulé . Stéphanie regardait sa mère , les poings serrés , un peu inquiète . Au premier contact de l'eau elle retira un moment ses pieds ce qui nous a bien fait rire .

On réalisa ensuite toutes les photos classiques avec les parents et grands parents mais aussi quelques nouvelles comme Stéphanie dans les bras de Rémi , de Laurence et de Sandrine qui jouaient les protecteurs .

En juillet eut lieu le baptême de Stéphanie à l'église de Pibrac .

A la suite du repas qui eut lieu au restaurant du Lac près de L'Isle Jourdain nous sommes tous rentrés à la maison et comme il faisait très beau on avait installé des tables prêtées par nos voisins dans le jardin . Toute la famille était réunie , Pépé , Mémé , Papi , Mamie , Roger son parrain , Louisette et Sandrine , Eliane , Serge , Laurence et Pascal , Christian , Jeannine , Véronique sa marraine , Thierry et Eliane sa fiancée qui faisait ce jour là son entrée dans la famille.

A coté des clichés traditionnels , j'ai gardé le souvenir de cette journée grâce à deux autres photos . La première montrant Sandrine , Laurence et Rémi jouant ensemble à la balançoire pour la première fois .

Et surtout la seconde où l'on voit Rémi et Sandrine faire ensemble un tendre bisou à Steph qui regarde l'objectif avec gravité .

Comme s'est souvent le cas lors des périodes heureuses nous avons peu de souvenirs précis relatif aux deux années suivantes excepté les repas de famille , les soirées avec les copains , les vacances à Pégomas , les premières baignades des enfants et leurs regards émerveillés au matin de noël .

A propos de cadeaux de Noël , je me souviens de leur première moto électrique . Rémi est devenu raidement un as du pilotage . Il adorait faire des slaloms à travers toute la maison ce qui effrayait Tina et ravissait sa sœur qui s'accrochait à lui .

Je me souviens aussi de Stéphanie fonçant sur son baby trotte . Il était particulièrement rapide avec ses roues en téflon et pouvait être manœuvré dans toutes les directions .

Elle était déjà très téméraire et dès qu'on l'installait dessus elle partait à toute allure , solide sur ses petites jambes , Elle se cognait partout et effrayait elle aussi Tina qui cherchait refuge en sautant sur les lits ou sur le divan .

A propos de nos vacances à Pégomas avec les enfants , nous avons quelques souvenirs .

Pépé adorait jardiner et que ce soit à la boulangerie , à Lalande , à Daux , à Blagnac il avait toujours aménagé un jardin potager à coté de la maison .

Celui de Pégomas , se situait à environ dix mètre en contrebas de la villa sur un terrain sablonneux d'environ cinquante mètres carrés . L'été Stéphanie adorait suivre Pépé dans le jardin pour ramasser les haricots verts et surtout les fraises . Elle était si petite qu'elle disparaissait presque sous les feuilles mais comme elle mangeait plus de fraises qu'elle n'en ramassait , elle revenait du jardin les joues toutes barbouillées .

Au dessus du potager le sentier qui menait à la villa était le terrain de jeux favori de Rémi et de Sandrine . Ils inventaient tous les jours des histoires de chevaliers , de pirates ou de cow boys où ils se donnaient bien sûr les beaux rôles .

Stéphanie voulait jouer avec eux mais comme ils la jugeaient trop petite , ils ne lui proposaient que des rôles subalternes .

C'est ainsi qu'un jour , ne voyant plus Stéphanie jouer avec son frère et sa cousine , on se mit à la chercher . On l'a trouva au bout de quelques instants assise dans le sentier avec à coté d'elle trois battons attendant le retour de son frère et de sa cousine .

On apprit plus tard de leurs bouches que dans le scenario établi par Rémi ce jour là , Stéphanie devait garder les trois chevaux et surtout ne pas bouger .

Elle attendait depuis plus d'une heure le retour des deux aventuriers .

Un autre souvenir concernant Rémi à Pibrac .

Son héros préféré dont il suivait régulièrement les aventures à la télévision était Zorro et je me souviens qu'on lui avait acheté un vinyl qui racontait l'histoire de Diego de la Vega .

Il l'écoutait en boucle tout au long de la journée sur notre chaîne ce qui fait qu'au bout de quelques mois , il connaissait l'histoire par cœur et n'arrêtait pas de nous la raconter .

Avec son langage d'enfant , on ne comprenait pas exactement ce qu'il nous disait mais cela correspondait mots à mots à l'enregistrement .

Déjà un petit acteur de théâtre .

On a l'impression , en tant que parents que l'on élève nos enfants de la même manière , pourtant

dès leurs premiers pas nous avons remarqué des différences de caractère entre Rémi et Stéphanie .

Rémi était rêveur , joueur , procrastinateur et préférait céder plutôt qu'entrer en conflits .

Stéphanie était concrète , volontaire , impatiente et défendait ses idées au risque de l'affrontement .

Pour l'illustrer , je me souviens de la façon dont , au même âge , j'essayais de leur faire manger la soupe .

Avec , Rémi , cela se passait ainsi :

Rémi , mange ta soupe .

Non

mange ta soupe ,

non .

Mange en la moitié

D'accord

Me prenant pour un bon éducateur , j'ai utilisé la même astuce quelques années plus tard avec Stéphanie .

Stéphanie , mange ta soupe .

Non

mange ta soupe ,

non .

Mange en la moitié

Non

Avec Rémi , le conflit s'était transformé en jeu et cela l'avait amusé , Stéphanie , elle ne voulait pas se laisser manœuvrer .

 

 

 

 

 

 

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Tournefeuille

 

 

Retourner dans notre appartement de la rue Lucien Lafforgue près du quartier Arnaud Bernard fut très éprouvant . Tout nous rappelait Denis .

Nous avons décidé de changer d'appartement et notre choix s'est porté sur un petit T3 au premier étage d'une villa à Tournefeuille , exactement rue Victor Hugo .

On disposait d'un petit enclos ce qui m'a donné l'envie de cultiver des légumes comme mon père et Marceau .

J'ai récupéré quelques outils à Pégomas , retourné une partie de la pelouse et planté des tomates , des aubergines ,des courgettes et des haricots verts. Il fallait ensuite irriguer la terre tous les soirs puis bécher et biner pour enlever les mauvaise herbes .

Je me souviens qu'après tous ces efforts et au bout de quelques mois , nous avons enfin pu récolter quelques légumes qui ont permis à Marie-Claire de nous cuisiner une seule ratatouille .

Tout ces efforts pour un seul plat .

Cela m'a dégoutté du métier de jardinier et depuis cette date je n'ai plus utilisé pelles , pioches et râteaux que pour planter des fleurs ou des arbustes.

Notre appartement était beaucoup plus moderne que celui de Toulouse . Il y avait en particulier un vaste salon avec une grande baie vitrée .

En fait , dès notre installation , notre vie a radicalement changé . Bien sûr , nous restions toujours traumatisés par le décès de Denis mais , Marie-Claire est devenue beaucoup plus sereine , elle passait beaucoup de temps à écouter en boucle le concerto pour violon de Beethoven qui est resté depuis cette époque , sa forme instrumentale préférée .

C'est aussi à cette époque que j'ai changé de poste à l'Aérospatiale . J'ai quitté sans regret le bureau d'études de Blagnac et ai rejoins le département électronique de Saint Martin du Touch .

J'étais plus prêt de notre maison et c'est là que j'ai rencontré des collègues qui sont devenus mes amis , Charles Firtion et Fernand Marsal et que je me suis enfin éclaté dans mon travail en développant les bancs de maintenance , mais j'ai déjà raconté tout cela .

La joie est revenue lentement dans notre foyer en partie grâce à nos nouveaux voisins .

Il y avait en face de notre villa , un couple que nous avons trouvé tout de suite très sympathique , les Moirano ,en particulier Joël , le mari , une force de la nature .

Et c'est aussi dans cette villa que nous avons rencontré pour la première fois un personnage extraordinaire qui est devenu par la suite un très grand ami , Claude Casademont .

Il occupait avec son épouse et sa fille l'appartement du rez de chaussée de notre villa .

Quand je dis que Claude est un sacré personnage , je crois que , de toute ma vie , je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi étonnant et d'aussi atypique .

Tous ceux qui l'ont côtoyé peuvent en témoigner . Un vrai personnage de roman .

Tout d'abord il se fait remarquer par son accent catalan rocailleux et sa perpétuelle bonne humeur mais surtout sa formidable capacité à assimiler ou à développer des techniques et des savoirs faire en partant pratiquement de zéro .

Ce n'est pas réellement un autodidacte , je crois qu'il avait fait des études supérieures , niveau BTS mais il est capable de devenir un expert dans n'importe quelle technologie ou sciences et sans aucun apport extérieur .

J'ai toujours entendu dire que Léonard de Vinci était un génie de ce type mais je crois , sans en faire des tonnes , que Claude Casademont est aussi génial , mais bien sûr sans sa notoriété .

La première fois que je l'ai rencontré , il réparait dans la cour de notre villa , une vieille Peugeot d'occasion , jusque là , rien d'extraordinaire sauf que , sans avoir aucune formation de garagiste , ni de carrossier et à une époque où l'on ne trouvait pas de tutoriel sur you tube , il avait en quelques jours , démonté , réparé , modifié des pièces et remonté la totalité du moteur et de la boite à vitesses de sa Peugeot sans aucune expertise extérieure , simplement en se fiant à sa seule intuition .

Il avait ensuite refait la totalité des sièges avant et arrière . C'était vraiment bluffant .

Un autre aventure , encore plus extraordinaire , quelques années plus tard ..

Il était à cette époque , ingénieur informaticien à l'Aérospatiale à Cannes et venait d'apprendre à la télévision que suite à la guerre du Koweit , de nombreux puits de pétrole étaient en feu et que l'Emir proposait une somme importante à celui qui trouverait une solution pour les éteindre .

En fait les tuyaux qui pompaient le pétrole avaient été arrachés en aval des vannes de fermeture par les bombardements et s'était enflammés . On ne pouvait pas s'approcher des feux pour les éteindre , ni fermer les vannes .

Alors tout seul dans son appartement il imagina un procédé pour les éteindre .

Il s'agissait d'un harpon qui devait envoyer un projectile constitué d'une bobine équipée d'un fil métallique qui devait fonctionnait comme le moulinet d'une canne à pèche .

La bobine devait s'encastrer dans le tuyau à l'intérieur duquel s'échappait le fuel en feu et se mettre en mouvement grâce à la pression du fuel , ce qui enroulait automatiquement le fil métallique à l'intérieur de ce tuyau en formant une boule qui en grossissant finirait par boucher le tuyau et ainsi éteindre la flamme .

Dans un premier temps , il mit au point son mécanisme et s'exerça à tirer à une distance de 100 mètres car, à cause de la chaleur Il était impossible de s'approcher plus prêt des tuyaux .

Une fois son procédé mis au point , il déposa seul , après avoir pris l'accord de sa société , un brevet pour son invention au près de l'autorité compétente .

Mais il ne savait pas comment présenter son projet à l'Emir du Koweit .

Il imagina , une stratégie improbable .

Il y avait à Cannes , sur le port des yachts appartenant à des milliardaires arabes . Je ne sais pas comment il s'y est pris mais tout ceci est vrai .

Il est entré en contact avec un de ces milliardaires qui séduit par son projet , l'emmena avec son jet personnel au Koweit , le présenta à un ministre qui lui proposa pour vérifier son procédé d'éteindre tout de suite quelques uns de ces puits . Ce qu'il fit .

Puis il revint à Cannes pour préparer l'industrialisation de son projet .

Malheureusement , pendant ce temps , Red Ader , le pompier américain spécialiste de l'extinction des feux par explosifs a obtenu le contrat exclusif pour éteindre tous les puits .

Claude n'a rien gagné dans cette affaire mais il avait tout même éteint quelques feux tout seul au Koweit . Quel type extraordinaire !

Pour finir une autre histoire beaucoup plus récente .

Sa nouvelle compagne est professeur de piano et à 50 ans passé , il s'est passionné pour la musique . Très rapidement , de débutant , il est devenu interprète .

Jusque là , rien d'extraordinaire mais à la retraite il est revenu dans son cher pays catalan où sa compagne est devenu l'organiste de son village . Il s'est alors intéressé à la conception des orgues et est devenu en quelques années facteur d'orgues , c'est à dire qu'il répare les orgues de la région .

Quand on sait la difficulté et le savoir faire nécessaire pour ce travail , chapeau l'artiste !!! .

Pour en revenir à mes premiers contact avec Claude à Tournefeuille , je me souviens d'une autre histoire plus drôle .

En bon catalan et héritier d'une famille de vigneron , il nous avait fait goutter un soir un vin assez agréable puis on était rentré dans notre appartement car mes parents arrivaient ce soir là de Cannes pour passer quelques jours chez nous .

Lorsque mes parents sont arrivés , vers 11 heures du soir j'ai parlé à mon père du vin que je venais de boire chez Claude .

Et comme il n’arrêtait pas de m'en parler , dès le lendemain avant le petit déjeuner , nous voilà tous les deux descendant jusqu'à l'appartement de Claude pour lui demander s'il ne pouvait pas faire goutter de ce vin à mon père . Chaque fois que je le rencontre , il me reparle en rigolant de cette soirée , la première fois où il a rencontré mon père .

 

Quelques années plus tard , il a quitté Airbus et Tournefeuille pour rejoindre l'Aérospatiale à Cannes et a acheté une maison à Pégomas .

Il m'a raconté , là aussi , chose extraordinaire que la première personne qui lui avait parlé le jour de son arrivé à Pégomas était précisément mon père qui avait remarqué sa voiture immatriculée en Haute Garonne . Ils se sont reconnus et sont devenus inséparables depuis ce jour .

Je me souviens aussi, d'une aventure assez amusante , la descente de la Siagne sur le canoë de mon père avec Claude et Denis Thomas , mon autre copain qui était à l'époque , le garde champêtre de Pégomas .

Parti en début de mâtiné de Pégomas , on a faillit couler plusieurs fois pour arriver à l'embouchure de la Siagne à La Napoule sain et sauf mais dans un état pitoyable car la rivière qui était parfois assez sauvage s'était transformée par endroit en égout .

Mais on avait bien ri .

Nos années passées à Tournefeuille furent relativement heureuses .

C'est cette année là que Louisette nous annonça qu'elle était enceinte de Sandrine qui naquit au mois d'avril .

Nous , bien sûr , on ne pensait qu'à l'arrivée de notre enfant qui allait changer notre vie .

En attendant , Marie-Claire continuait son travail au Laboratoire de Génie électrique avec ses copines secrétaires et ses copains chercheurs .

Je me souviens en particulier d'une journée où elle avait été jury de l'élection du plus bel étalon de son laboratoire . Le lauréat avait reçu comme récompense une poupée gonflable .

Et aussi d'un méchoui avec toute sa bande .

Moi , de mon coté , je continuais mes activités sportives avec mes collègues du bureau d'études de L'Aérospatiale , rugby , foot , footing et cyclisme .

Pour nos vacances d'été , nous avons décidé de faire le tour de l'Espagne .

Mais au lieu de partir comme à notre habitude avec notre petite tente canadienne , nous avons préféré utiliser la nouvelle caravane des parents de Marie-Claire .

Pour la tracter , car elle était assez lourde , nous avions acheté une Simca 1100

Ce fut un beau voyage qui ressemblait à nos voyages en Grèce ,en Italie et en Yougoslavie , sauf qu'à chaque arrêt , on n'avait pas à monter la tente ni à craindre les orages .

Nous ne couchions plus sur un matelas pneumatique qu'il fallait regonfler trois fois par nuit mais dans un lit confortable .

Et nous prenions nos repas dans une vrai salle à manger . Pour nous laver nous faisions halte dans de beaux campings . Une vrai vie de bourgeois .

Je me souviens entre autre d'avoir visité Peniscola et son rocher , Benidorm et sa superbe plage , Puerto de Masaron mais surtout d'avoir passé une journée entière à Tabernas près d'Almeria dans le désert où ont été tournés les westerns de Sergio Leone , Pour quelques dollars de plus et Il était une fois dans l'ouest .

On se promenait à travers les décors des villages de western , les saloons , le bureau du shérif avec sa cellule , et la potence au milieu du village .

A chaque coin de rue , on imaginait que l'on allait voir apparaître Clint Eastwood ou Lee Van Cliff .

On se photographiait dans les prisons , sur la potence , au milieu du village des indiens .

Je me souviens d'avoir voulu prendre une photo de Marie-Claire kidnappée par des cow-boys .

En fait c'étaient des figurants , probablement payés par les studios espagnols qui simulaient des combats au milieu des décors .

Sur ma demande , les cow-boys , prirent la pose et entourèrent Marie Claire qui me criait , dépêche toi de prendre la photo , ils en profitent pour me toucher les fesses .

Puis, on est reparti visiter l'Alhambra de Grenade , l'Alcazar de Séville ,et la mosquée Cathédrale de Cordoue .

Sur le chemin du retour , on est passé par Madrid pour voir les merveilles du musée du Prado , selon moi , l'un des plus beaux du monde avec ses chefs d’œuvres de Goya , El Greco et Velázquez .

Que du bonheur .

Enfin pas tout à fait car je me souviens que tracter la caravane n'était pas de tout repos . Je ne savais pas faire de marche arrière et très souvent lorsque nous arrivions près des plages , pour changer de sens , j'étais obligé de dételer la caravane pour la manœuvrer ce qui vu son poids n'était pas très aisée . Et ,un jour , alors que je roulais sur une route départementale , je n'ai pas remarqué que des branches empiétaient sur la route et ce qui devait arriver arriva . J'ai enfoncé le toit de la caravane . J'étais assez vexé et inquiet de ce que dirait Papi mais il ne m'a pas fait de reproche .

A notre retour d'Espagne ,nous sommes allé directement à Pégomas pour le baptême de Sandrine .

Grosse fête avec toute la famille , Pépé , Mémé , Roger , Louisette , Sandrine , Papi et Mamie Vella , les parents de Roger , Christian , Jeannine , Thierry et Véronique , Papi et Mamie , les parents de Marie-Claire , notre cousine Mireille mais aussi les amis de mes parents de Pégomas ,les Lacroux , René , Emilia , Alain , Claire et leurs 3 enfants et nous deux .

Et ma mère qui , comme d'habitude faisait manger tout le monde .

Les repas se terminaient toujours par la partie de boules avec la honte pour ceux qui étaient Fanny . C'était mon père qui avait institué cette tradition . Il y avait à coté du terrain de boules familial , un tableau en porcelaine représentant Fanny , une servante à la robe retroussée . Les perdants qui terminaient la partie sans avoir marqué un seul point devaient embrasser les fesses de Fanny sous les rires de tous les participants . La partie de boules de cette soirée fut mémorable .

Mon père qui avait fêté plus que de raison le baptême de sa première petite fille était assez éméché . Il faisait équipe avec Mamie , la mère de Marie-Claire et Alain , le fils de son ami d'enfance qui lui était complètement pompette .

L'équipe adverse était constituée de Papi Georges , le père de Marie-Claire et des parents de Roger .

Dès le début de la partie le reste de la famille compris que cela allait dégénérer car si Papi Georges pris l'affaire avec désinvolture les parents de Roger qui n'avaient pas bu et qui pensaient être de bons joueurs de pétanque prirent l'affaire très au sérieux .

Mais Papa , Alain et Mamie en jouant n'importe comment n’arrêtaient pas de marquer des points .

Papi et Mamie Vella commencèrent à s'énerver alors que Papa , Mamie et Alain riaient de plus en plus .

Et ce qui devait arriver , arriva .

L'équipe Papi Georges , Papi et Mami Vella ne marqua pas un point et dû embrasser les fesses de Fanny sous les regards moqueurs de tout le reste de la famille .

 

 

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La fin des années insouciantes

 

Après le départ de Louisette et Roger, mes parents décidèrent de vendre la villa de Blagnac et nous nous sommes installés à Toulouse , rue Lucien Lafforgue , dans le quartier Arnaud Bernard .

C'est dans cet appartement que nous avons vécu les moments les plus terribles de notre vie .

Au début ce fut très agréable comme tout ce que nous avions vécu jusqu'à présent .

Nous étions jeunes , heureux et insouciants .

Je venais d'être embauché comme ingénieur automaticien chez Airbus , qui s'appelait alors l'Aérospatiale .

Moi qui n'était diplômé que de l'université je me retrouvais , du jour au lendemain , avec une augmentation de salaire de 60% par rapport à mon poste d'assistant de l'université Paul Sabatier .

Nous en avons profité pour nous meubler . Nous avions acheté un living et un canapé d'angle avec des chauffeuses en velours marron chez Roche et Bobois et , chose fantastique pour l'époque une chaîne hi fi compacte avec un tuner , une platine tourne disques et deux énormes baffles qui faisait l'admiration de tous nos copains .

Avec Tina sur ses genoux , Marie Claire écoutait en boucle les cœurs d'opéras de Verdi , le concerto N° 21 de Mozart et le concerto pour violon de Beethoven .

Un premier souvenir de notre installation rue Lucien Lafforgue , la fuite de gaz .

Un matin , je crois me souvenir que c'était un samedi , nous fumes réveillés par une explosion énorme suivie d'un profond silence.

Nous sortîmes précipitamment du lit et foncèrent vers notre salon . Il n'y avait plus une vitre intacte dans l'appartement .

Et c'est seulement lorsque l'on s'est retrouvé dans la rue que l'on s'est aperçu du danger auquel on avait échappé .

A quelques mètres de notre appartement , sur le même côté de la rue , il y avait un énorme trou à la place d'une villa qui appartenait à un dentiste .

Depuis quelques jours Marie-Claire me répétait qu'elle sentait une odeur de gaz lorsque le soir nous promenions Tina . Moi , comme d'habitude , je ne sentais rien .

En fait , elle avait raison . Du gaz s'était accumulé dans une cave située sous la maison du dentiste et c'est probablement une étincelle qui a provoqué ce désastre . La maison s'était entièrement écroulée .

Heureusement lorsque l'explosion a eu lieu , le dentiste et sa famille étaient partis en week-end .

On a appris par la Dépèche qu'une personne avait été retrouvée vivante sous les décombres .

Depuis cette époque on s'est toujours méfiés des odeurs bizarres dans notre voisinage .

On était très heureux dans cet appartement et , comme notre situation financière s'était bien améliorée , on a commencé à penser à agrandir notre famille .

Gérard et Madeleine Bongibault venaient tout juste de nous annoncer la naissance de leur fils , Bertrand , le premier enfant de la bande .

Peut-être que notre envie d'avoir un enfant a été trop forte mais au bout de quelques mois , le bébé se faisant attendre , nous nous sommes inquiétés .

Marie-Claire consulta son docteur de famille , puis une gynécologue qui , ne trouvant rien d'anormal , lui prescrivit une radiographie des ovaires .

Or , quelques jours après on apprit qu' elle était enceinte .

En quelques minutes , toutes nos angoisses étaient oubliées . Enfin , le bébé tant attendu allait arriver . On a commencé à organiser la maison , lit de bébé , baignoire , landau .

On ne pensait plus qu'à son arrivée . Les neufs mois passèrent très vite .

Marie-Claire continuait son travail au département de Génie électrique au milieu de sa troupe d'enseignants , de chercheurs et d'étudiants .

Moi , je m'éclatais au bureau d'études de l'Aérospatiale où l'on préparait le premier vol de l'A300 , le premier Airbus .

Il y eu cette année là , de nombreuses fêtes de famille .

Tout d'abord , la communion de Thierry à Lavaur avec les parents de Jeanine , les Gelet .

Je me souviens que Thierry avait eu comme cadeau un superbe vélo de course .

Cet été là , contrairement à nos habitudes nous ne sommes pas partis en Grèce mais nous avons passé les vacances d'été en famille à Pégomas , dans la nouvelle villa que mes parents venaient de faire construire .

C'est ma mère qui faisait la cuisine pour toute la famille . Il y avait Louisette , Roger , les parents de Roger , Thierry , Véronique , Marie-Claire , les parents de Marie-Claire et moi .

Et , comme si nous n'étions pas assez nombreux , mon père invitait souvent ses copains d'enfance les Lacroux qui habitaient aussi Pégomas , René , Emilia et leur fils Alain .

Cela faisait pas mal de travail pour ma mère mais elle était aux anges de voir toute sa famille réunie grâce à elle et heureuse .

Tous les matins , nous partions en voiture pour aller nous baigner à La Napoule et les après-midi nous faisions des ballades aux environ de Cannes , allant parfois vers Nice ou Menton . C'est cette année là que nous avons vu pour la première fois le spectacle des dauphins dressés au Marine-land d'Antibes .

En octobre , je me souviens d'une randonnée dans les Pyrénés avec les Bongibault et Marie-Claire dont le ventre commençait à s'arrondir .

C'est aussi ce mois là que Tina mis au monde , trois petits Pinschers , le premier noir et marron comme elle , le second blanc et noir et le troisième tout blanc avec un œil noir .

Puis, le 14 octobre ,il y eu le mariage d'Eliane et Serge avec toute la famille Mathieu au grand complet , ses parents , ses frères Alain et Bernard , sa sœur Roselyne et ses deux enfants Pascal et Marie .

Le repas eu lieu près du lac de Saint Féréol . Je me souviens que Marie-Claire ne pouvait pas boutonner son manteau mais elle était radieuse .

Je ne me souviens pas particulièrement du noël de cette année ni du réveillon de 1973 . Nous étions dans l'attente d'un événement qui allait pensaient-on changer notre vie , l'arrivée d'un premier bébé .

Tout était prêt , nous étions sereins .

Et un soir alors que j'éteignais la lumière de notre chambre , Marie-Claire m'annonça qu'elle venait de perdre les eaux .

Nous sortîmes rapidement du lit et quelques minutes plus tard nous étions dans la salle d'accouchement de la clinique du Berceau dans le quartier des Minimes .

Et là tout ce passa très rapidement .

Le docteur décida d'endormir Marie-Claire ce qui fait que lorsque on lui déposa le bébé sur le ventre elle était dans un demi sommeil et n'a pas pu le voir distinctement . Mais moi , j'ai compris qu'il se passait quelque chose d'anormal .

L'infirmière me dit qu'il commençait à se cyanoser et qu'il fallait l'emmener d'urgence à l'hôpital des enfants à Purpan . Et je me suis retrouvé seul au près de Marie-Claire endormie .

Je l'ai laissée à la clinique et suis allé à Purpan où là , dernière une vitre , j'ai vu notre petit Denis entouré d'une multitude de tubes et d'appareils . Un docteur m'a dit que son état était très grave , qu'ils allaient faire tout leur possible et que je devais rentrer chez moi .

Et c'est au milieu de la nuit que j'ai reçu un appel téléphonique d'un interne de Purpan qui sans trop de ménagement m'informa que Denis était décédé .

Il avait une malformation cardiaque , inversion entre l'artère et la veine . Je pense qu'aujourd'hui il aurait pu être opéré . En quelques minutes toute notre vie insouciante a basculé .

Marie Claire a appris la nouvelle à son réveil et elle a été obligée de rester dans la clinique pendant quelques jours en entendant matins et soirs et même au cœur de la nuit des cris d'enfants dans les chambres à côté de la sienne .

Puis il a fallu rentrer chez nous et reprendre une vie normale .

Je pense aujourd'hui que nous aurions dû consulter un psy car on ne s'en est jamais totalement remis Heureusement pour nous après quelques années de malheur nous avons eu la chance de voir arriver Rémi et Stéphanie . Mais , je suis certain que de ce jour , Denis est devenu notre ange gardien . Il nous a toujours protégé tout au long de notre vie et il nous a ressoudé chaque fois que le ménage aurait pu être en danger .

Les années qui ont suivi ne sont pas les meilleures et j'en garde peut-être par protection , un souvenir flou .

J'ai continué mon travail au bureau d'études de l'Aérospatiale , aujourd'hui Airbus mais sans entrain et avec l'idée de chercher un autre emploi .

Je n'avais plus envie de participer aux sorties extra professionnelles avec mes collègues de l'époque et j'ai d'ailleurs perdu le contact avec la plus part d'entre eux .

Marie-Claire a repris son travail au laboratoire de Génie Électrique où elle a été bien entourée par ses collègues et surtout son patron , le professeur Robert Lacoste qui a fait preuve de beaucoup d'humanité et d'amitié à son égard mais quelque chose s'était cassé .

Elle a continué à faire son travail consciencieusement mais je pense que dès ce jour , ses priorités dans la vie ont changé et le bonheur de sa famille est devenu sa principale préoccupation .

Le rapport avec nos amis a aussi changé.

Car presque tous nous annonçaient la naissance d'un garçon ou d'une fille . Nous étions bien sûr heureux pour eux mais nous avons commencé à refuser de participer à des soirées ou à des sorties .

Je me souviens particulièrement d'un soir où nous étions invités à souper chez un ancien collègue du LAAS , Jean Paul Vernhes . L'angoisse nous a envahi sur le trajet et nous sommes rentrés chez nous en donnant comme pauvre excuse , le lendemain , que nous nous étions perdus et que nous n'avions pas trouvé le chemin pour aller chez eux . Ils ne nous ont jamais plus invités . Je pense que nous étions profondément déprimés .

On avait beaucoup de mal à retrouver nos collègues et nos amis mais aussi notre famille .

C'est pour cette raison qu'au lieu d'aller directement à Cannes chez mes parents pour passer nos vacances d'été , nous avons décidé cette année là de faire un grand détour par Paris et les Alpes .

C'était la première fois que nous partions en voyage en France . Nous avions laissé Tina chez Papy et Mamie . C'était un voyage un peu particulier , nous étions bien loin de nos voyages à l'étranger .

Il fallait surtout avoir une activité différente et ne plus se retrouver face aux regards attristés de nos parents , amis et collègues .

Nous nous déplacions avec notre Peugeot et tous les soirs nous faisions halte dans des hôtels .

En une quinzaine de jours nous avons visité à toute vitesse , selon notre habitude , le château de Versailles , Le Louvre avec la Venus de Milo et la Joconde , Montmartre où Marie- Claire s'est fait prendre en portrait sur la place du Tertre , portrait que l'on a encore aujourd'hui dans un placard . Puis nous sommes allé visiter l'Hospice de Beaune où l'on a été émerveillé par le triptyque de Vander Weyden .

Nous avons continué notre voyage en passant par le lac de Genève et les Alpes où, après une soirée paisible dans un petit chalet près du col des Aravis , nous avons visité l'aiguille du midi à Chamonix pour finalement arriver à Pégomas où nous attendait toute notre famille , mes parents , Louisette , Roger , Sandrine , Thierry et Véronique .

Après quelques jours de plages nous avons rejoint Papi , Mamie , Eliane , Serge et Tina qui campaient à Luchon .

Les parents de Marie-Claire avaient acheté une belle caravane et louaient un emplacement dans le camping qui existe encore de nos jours sur la route de Super Bagnères.

Après ces vacances agréables mais un peu tristes nous reprîmes le travail , Marie-Claire au laboratoire de Génie Electrique , rue Camichel , moi au bureau d'études de l'Aérospatiale où je développais des lois de pilotage automatique du Concorde et du premier Airbus .

 

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